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Jeudi 15 Octobre 2009
Copenhague : assez d’argent pour tout le monde ?
[Volodia OPRITCHNIK]
Car, à bien regarder, de quoi parle-t-on dans les négociations en cours. De baisse des émissions des nations industrialisées ? Normal, elles sont responsables de la situation actuelle. Et les unes après les autres (Canada, Norvege, Suisse, UE, Japon, France), elles annoncent qu’une baisse de 20 à 30% de leur empreinte carbone est envisageable pour 2020. La Chine leur demande un effort plus important encore (-40%). Elle joue son rôle d’aiguillon. De même, les sénateurs américains font savoir qu’ils ne ratifieront aucun texte ne prévoyant pas de contraintes carbone pour les pays en développement. L’Inde et la Chine ont répliqué en présentant des plans ambitieux de développement des énergies renouvelables et d’amélioration de l’efficacité énergétique. La Corée du Sud s’est fixé un objectif unilatéral à 2020. Le Mexique veut réduire de moitié son empreinte carbone d’ici à 2050.
Dont acte. Mais rien ne verra pas le jour sans argent. Or, crise ou pas crise, la manne est toujours aux mains du Nord. Et les (énormes) besoins sont au Sud. Pour le financement de l’adaptation, le devis fluctue entre 9 et 67 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. En incluant les efforts d’atténuation, le montant annuel de la facture pourrait s’élever à
340 milliards de dollars par an ! Qui va payer ?
L’Europe ? Selon certaines sources, elle pourrait consacrer entre 2 et 15 milliards d’euros par an à l’aide climatique aux pays pauvres. Insuffisant. Pour fluidifier le débat, la Norvège propose de mettre aux enchères 2% des permis nationaux. La Suisse croit aux chances de sa taxe carbone universelle (0,5 dollar par litre d’essence). Les Philippines et la Colombie préconisent de taxer les transactions relatives à la MOC (*). Des propositions qui ont peu de chance de voir le jour. Tel n’est pas le cas, en revanche, des crédits forestiers (REDD). En vitesse de croisière, ce système de compensation de la protection de la forêt pourrait rapporter une douzaine de milliards de dollars par an aux pays tropicaux. Les Etats-Unis prévoient aussi d’acheter, chaque année, entre 1,5 et 2 milliards de crédits carbone internationaux. De quoi assurer des recettes au moins égales a celles des REDD. Sans oublier les entreprises. A partir de 2012, le marche carbone européen les incitera massivement à investir dans la MOC et le MDP.
A quelques milliards près, le succès de Copenhague n’est, peut-être, pas si loin…
MOC = Mise en Œuvre Conjointe / MDP = Mécanisme de Développement Propre. Il s’agit de dispositifs dans lesquels un tiers (par exemple, une entreprise d’un pays développé) fournit à un émetteur de GES localisé dans un pays du Sud ou de l’est européen des financements, du savoir-faire, des compétences et/ou de la technologie pour réduire ses émissions de GES tout en étant récompensé par des crédits d’émission.
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