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Lundi 02 Octobre 2006
Arménie : Chirac pousse Ankara à reconnaître le génocide arménien
[Fenêtre sur l'Europe]
C’est à l’occasion du lancement de l’année de l’Arménie en France, qui sera célébrée à partir d’octobre jusqu’en juillet prochain, que Jacques Chirac s’est rendu en fin de semaine à Erevan pour rencontrer son homologue le président arménien, Robert Kotcharian. La première visite du président français dans la jeune République arménienne fut remplie d’émotion et d’évocation de souvenirs que les deux pays partagent dans le croisement de leurs histoires.
Ce "voyage - mémoire" ne pouvait pas être complet sans l’évocation inévitable d’une des périodes les plus douloureuses de l’histoire arménienne, celle du massacre d’1,5 millions d’arméniens par les turcs entre 1914 et 1917, que la France et d’autres pays européens, ont reconnu depuis peu comme génocide.
Après s’être rendu sur le site du principal monument commémoratif dédié à la mémoire des victimes du massacre, le "Tsitsernakaberd", dans les hauteurs de la capitale arménienne, Jacques Chirac a abordé sans tabou la question de la non-reconnaissance turque du génocide.
L’homme d’Etat français qui s’était jusqu’à présent abstenu d’établir un lien direct entre la question des massacres et celle de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne a déclaré : "Tout pays se grandit en reconnaissant ses drames et ses erreurs à l'image de ce qu'a fait l'Allemagne avec la Shoah. Quand de surcroît il s'agit de s'intégrer dans un ensemble qui revendique l'appartenance à une même société et la croyance en de mêmes valeurs, je pense qu'effectivement la Turquie serait bien inspirée, au regard de son histoire, de sa tradition profonde, de sa culture qui est aussi une culture humaniste, d'en tirer les conséquences.
En lançant cet appel à Ankara, Jacques Chirac en profitait également pour faire passer le message à la Commission européenne qui n’a pas fait de la reconnaissance du génocide une condition préalable à l'acceptation de la Turquie dans l’UE. Un discours qui confirme aussi et ainsi son opinion pour l’élargissement de l’Union au-delà des frontières du Bosphore.
Le gouvernement turc qui considère encore aujourd’hui ces massacres comme les fruits d’une guerre entre deux nations, risque de dénoncer, comme à son habitude, l'ingérence de Paris dans un dossier qui lui est, selon lui, étranger.
Mais la réaction d’Ankara qui se fait encore attendre, risque d’être encore plus virulente cette fois, le président français ayant osé comparer dans ses propos le génocide arménien à l’extermination des juifs sous le troisième Reich.
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