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Vendredi 16 Juillet 2010
Pour que l'Afrique retrouve la santé
[Fenêtre sur l'Europe]
La crise financière n'incite pas les Etats européens à tenir leurs engagements en matière d'aide au développement. Pour atteindre les Objectifs du millénaire (OMD), l'Union européenne (UE) devrait mettre sur la table 20 milliards d'euros supplémentaires, a déjà pointé du doigt un rapport du Britannique Michael Cashman (Socialistes et démocrates) en juin.
La Belge Véronique De Keyser (Socialistes et démocrates) souhaite maintenant mettre l'accent sur les problèmes particuliers que rencontre l'Afrique en matière de santé. Elle-même y a été infirmière il y a quelques années et elle a pu observer le manque d'infrastructures et l'éloignement des hôpitaux pour des pans entiers de la population.
Aujourd'hui, elle est en charge d'un rapport sur le sujet au Parlement européen. Les travaux préparatoires sont en cours et les députés européens de la commission parlementaire du développement en ont débattu lundi 12 juillet. "Ce n'est pas une question d'idéologie mais de sauvetage de vies humaines" : la rapporteuse met en garde contre toute tentative de récupération politicienne du sujet.
Développer les soins de santé de base
Selon Véronique De Keyser, la lutte contre des maladies spécifiques (SIDA, tuberculose, paludisme) s'est faite au détriment des soins de base. Le travail des organisations non gouvernementales ne peut suffire pour fournir des services à l'ensemble de la population. Elle souhaite donc que l'Union européenne s'engage pour la mise en place d'un système de santé durable et universel.
Le Britannique Nirj Derva (Conservateurs et réformateurs européens) voit une raison d'espérer dans l'exemple du Sri Lanka, son pays d'origine : le taux de mortalité est descendu au niveau de celui des pays occidentaux après que les services de santé aient été rendus gratuits et que la prévention ait été développée. Entre 1948 et 2010, l'espérance de vie a augmenté de 30 ans. Un chemin à suivre pour l'ensemble du continent africain ?
Diversifier le financement
Reste cependant un souci de taille : le financement d'un tel système de santé. Le projet de rapport reconnaît que les Etats ne pourront le faire sur la base de leurs seules recettes fiscales et qu'un financement mixte doit être recherché. Il pourrait associer la société civile africaine et l'UE.
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