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Samedi 03 Janvier 2009
Minorités: Création d’un mémorial pour les Tsiganes exterminés par les nazis en Allemagne
[Fenêtre sur l'Europe]

Le premier mémorial national dédié aux centaines de milliers de Tsiganes exterminés par le régime nazi devrait être inauguré à l'été 2009 dans le cœur historique de Berlin. Ce monument attendu depuis 1992 sera situé juste en face du Reichstag et à quelques pas de la porte de Brandebourg.

Jusqu'à présent, seules des plaques commémoratives, comme à Auschwitz-Birkenau, rappelaient le génocide dont fut victime le peuple Tsigane sous le IIIe Reich. Pourtant ce génocide fut également l’un des plus cruels que l’Europe ait pu connaitre.

Alors que le 8 décembre 1938, il mentionnait déjà la nécessité d'une "solution finale de la question des Tsiganes", peuple qu'il qualifie d'"ennemi biologique", c’est une ordonnance d'Heinrich Himmler en date du 16 décembre 1942 qui va décider du sort de ces derniers au sein du Grand Reich. Ces familles "de race et de sang étrangers" doivent, en effet, être anéanties au nom de la "régénération" du peuple allemand.

Avec méthode et application, entre 350 000 et 500 000 Tsiganes (sur une population globale européenne de 1 million environ) furent assassinés avec la même volonté que pour les juifs : éliminer jusqu'à la possibilité de descendance, en instaurant une "solution finale" à base de rafles systématiques.

Ainsi, 80 % à 90 % de la plus grande minorité d'Europe est anéantie sur les territoires du Grand Reich (Autriche, Pologne, Bohême, Pays-Bas, Belgique, France occupée...) et, globalement, plus de 50 % dans toute l'Europe. Sous le gouvernement de Vichy, dès octobre 1940, les familles tsiganes de nationalité française sont ainsi internées.

La cruauté des SS envers les enfants n’aura pas d’égal. D’après l'historienne Henriette Asséo, des femmes et des petites filles furent stérilisées dans des conditions inhumaines tandis que des expérimentations sans anesthésie furent menées à Auschwitz-Birkenau sur des jumeaux. Le sinistre docteur Josef Mengele y demanda même sa mutation. Il s'était fixé pour but de percer le secret des "races".

Après la guerre, les Tsiganes n'obtiennent aucune réparation pour les crimes dont ils furent l'objet sous le régime nazi. Le statut de victime raciale du Reich leur est refusé, certains ne recouvreront jamais la nationalité allemande. Enfin, aucun Tzigane ne fut appelé à témoigner lors du procès de Nuremberg.

Avec ce mémorial, cet abominable crime nazi envers ce peuple entrera enfin à jamais dans la mémoire collective. Les noms des camps où les Tsiganes d'Europe furent déportés et assassinés entre 1933 et 1945 seront inscrits autour de ce monument avec la chronologie détaillée de leur extermination. S.B.


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