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Vendredi 02 Mai 2008
Culture : Projet de réforme de la langue portugaise
[Fenêtre sur l'Europe]
Parlée par près de 230 millions de personnes dans le monde et langue officielle de 8 pays (Portugal, Brésil, Angola, Mozambique, Cap Vert, Guinée-Bissau, Timor oriental et Sao Tomé-et-Principe), le portugais n’est toujours pas reconnu comme langue officielle des Nations unies à l'instar de l’anglais, du français, de l’espagnol, de l’arabe, du russe ou du chinois.
Ce projet de réforme sur lequel le Parlement devrait se prononcer le 15 mai pourrait donc enfin permettre au Portugal de réaliser cette vielle prétention historique.
Les partisans de la réforme soulignent également ses multiples avantages, parmi lesquels la simplification des recherches sur Internet en portugais et un jargon juridique uniformisé pour les contrats internationaux, alors que cette réforme ne concernerait que 2.000 des quelque 110.000 mots que comprend le vocabulaire portugais même si 75% des changements seraient effectués par le Portugal.
Néanmoins, beaucoup se sentent humiliés : "On ne doit pas s'effacer derrière le Brésil", proteste par exemple Vasco Graca Moura, un poète estimé dans le pays.
Une autre des raisons de cette modification linguistique qui pourrait peut être à terme construire un précédent à l’échelle mondiale, est simple : la population du Brésil, forte de 190 millions d'habitants, distance largement celle du Portugal, estimée à environ 10 millions d’individus.
Par ailleurs, l’économie brésilienne est assez puissante pour que l'Union Européenne lui propose une alliance politique et économique, ce qui lui conférerait le même statut que la Chine l’Inde et la Russie tandis qu’à titre de comparaison, l’économie portugaise ne représente qu'1% du PIB de l'Union Européenne. S.B.
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