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Revue de presse

Vendredi 04 Avril 2008
Union pour la Méditerranée : "La méditerranée n’est pas notre passé, elle est notre futur "
[Fenêtre sur l'Europe]

Le Conseil européen a accepté le principe de l’Union pour la Méditerranée, et a demandé à la Commission d’en étudier les modalités, pour le sommet du 13 juillet qui devra lancer officiellement le projet. Que sera cette Union, et qu’en attendent les différents pays ? C’est les questions auxquelles ont tenté de répondre Alain Leroy et Fathallah Sijilmassi lors d’un petit-déjeuner-débat dans une salle du Sénat.

Zeina el Tibi, présidente de l’Association des femmes arabes de la presse et de la communication, a souligné à quel point le projet d’Union pour la Méditerranée ne laissait pas indifférent. En effet, dans la petite salle du Sénat qui accueille le petit-déjeuner-débat, 80 personnes sont présentes, et des dizaines d’intéressés ont dûs être refusées à cause du manque d’espace.

La rencontre est organisée par l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), l’Observatoire d’études géopolitiques (OEG) et l’Association des femmes arabes de la presse et de la communication (Afacom). Alain Leroy, ambassadeur en charge de l’Union pour la Méditerranée (UPM) et Son Excellence M. Fathallah Sijilmassi, Ambassadeur du Maroc, y ont exprimé leurs visions et leurs attentes sur le projet d’UPM. La question posée était "Le projet d’Union pour la Méditerranée : une chance pour les riverains ?"

Le projet d’UPM vient d’une impulsion du Président de la République française. Celui-ci part d’un constat : tandis que depuis 1989, l’Union européenne a énormément travaillé à l’Est, elle a négligé son Sud. Le premier objectif du projet est donc de "remettre la Méditerranée au centre du jeu".

"La Méditerranée n’est pas notre passé, elle est notre futur", a affirmé Alain Leroy, il est donc essentiel d’aider à son développement. En effet, l’écart économique entre les deux rives de la Méditerranée est très fort, et les investissements européens dans les pays riverains du sud de la mer restent très faibles.

L’ambassadeur en charge de l’UPM, a affirmé ressentir de très fortes attentes de la part de toutes les personnes concernées par le projet, de part et d’autre de la mer. L’espérance est aussi forte qu’en 1995, lorsqu’a été lancé le processus de Barcelone. Or, celui-ci n’a pas répondu à toutes les attentes, et l’ambassadeur refuse que l’on déçoive une nouvelle fois les partenaires Méditerranéens.

Pour lui, il s’agit, certes, d’un projet intergouvernemental, mais dans lequel les sociétés civiles sont appelées à jouer un rôle crucial. Il évoque à ce sujet la possibilité de tenir un forum des sociétés civiles sur l’UPM, qui pourrait se dérouler avant le forum du 13 juillet. L’ambassadeur du Maroc questionne également les moyens d’associer et d’impliquer la société civile. Ceci est essentiel pour que le projet soit efficace et ne pêche pas par manque de visibilité. D’où la nécessité de développer les programmes d’éducation et de recherche.

A ce jour, le périmètre de cette UPM a été déterminé. Tous les pays riverains de la méditerranée sont concernés, auxquels il faut ajouter la Mauritanie et la Jordanie, ainsi que l’ensemble des pays de L’UE. Le projet initial souhaitait exclure les pays de l’UE non riverains. "Ce qu’on perd en esprit de famille, on le gagne en force de frappe", a déclaré Alain Leroy à propos de ce changement de périmètre.

Il a également énuméré plusieurs projets : la dépollution de la méditerranée, l’accès à l’eau potable et développement des systèmes d’irrigation, le développement d’ "autoroutes maritimes" pour développer le commerce, la multiplication de l’énergie photovoltaïque pour augmenter l’accès à l’électricité, favoriser la recherche, la formation professionnelle, la coopération dans le domaine de la sécurité civile pour répondre à des risques tels que les incendies ou les tremblements de terre,…

Concernant la recherche, Alain Leroy a émis l’idée de la création à terme d’un "Institut méditerranéen de la recherche scientifique".

Michèle Gendreau-Massaloux, de la mission chargée du projet d'Union pour la Méditerranée à l'Elysée, a pour sa part insisté sur la formation. Les entreprises ont besoin de bons cadres et ingénieurs, c’est pourquoi elle invite à développer la formation professionnelle et qualifiante, en proposant notamment de multiplier les possibilités de mobilité pour les stagiaires.

Pour financer l’ensemble de ces projets, les fonds communautaires seront certes utiles, mais ne seront pas suffisants. La Banque islamique de développement, la Banque Africaine de développement, le secteur privé, mais également les pays du golfe, ou encore la Ligue arabe pourront contribuer au financement de l’UPM.

Son excellence M. Fathallah Sijilmassi, ambassadeur du Maroc, a pour sa part débuté son intervention en soulignant : "c’est une lourde responsabilité que de représenter la voix du sud". Mais il a souligné qu’il n’existait pas, selon lui, une vision du Sud et une vision du Nord concernant ce projet d’UPM. Au contraire, il faut construire cette union sur une base commune. Il ne s’agit pas, insiste-t-il, d’un projet français ou européen, posé sur la table, et à prendre ou à laisser. L’UPM doit être un projet commun. Il ajoute qu’il est important de respecter l’égalité des pays dans la construction commune de ce projet.

Selon lui, la méditerranée avait le choix entre le mouvement et l’immobilisme. Tandis qu’elle attend, le monde continue sans elle : l’Asie notamment, continue sa croissance à deux chiffres. Pour lui, "l’Union pour la Méditerranée, c’est le mouvement", cette occasion qui se présente, il ne faut pas la rater, affirme-t-il.

Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, rappelle que ce projet concerne également les Balkans, trop souvent oubliés. M. Dupuy présente également les hypothèses les plus probables concernant la répartition des rôles : on parlerait d’une coprésidence franco-égyptienne, de secrétaires généraux espagnols et italiens, et d’un siège du secrétariat général situé en Tunisie. Alain Leroy lui répond que rien n’est encore décidé, si ce n’est que la France souhaite que le secrétariat soit situé dans un pays du Sud.

M. Sijilmassi a précisé que selon lui, l’objectif de l’UPM "est éminemment politique", prenant l’exemple de la Palestine, il a ainsi souligné qu’il ne voulait pas que ça soit l’Autorité palestinienne, mais bien "l’Etat palestinien qui soit membre de l’Union pour la méditerranée." Ce avec quoi Alain Leroy a affirmé être en accord. Pour lui, l’UPM est politique. A la différence du processus de Barcelone elle ne sera pas guidée par l’UE.

Il s’agira d’une "union de projets pour un projet d’Union", a-t-il assuré. Ce sont les projets économiques qui permettront le rapprochement politique. On ne peut pas attendre la résolution des crises pour lancer les projets qui bénéficieront à tous, a-t-il ajouté. Et les projets entraînent des solidarités de fait, à l’image de la manière dont s’est construite l’UE.

Henri Senghor, ambassadeur honoraire du Sénégal, a, quant à lui, souligné que l’Afrique saharienne était très intéressée par le projet d’UPM. Elle espère que ce sera un succès. Alain Leroy s’en est réjoui, rappelant que l’Union africaine serait invitée comme observateur au sommet du 13 juillet. Il en sera de même pour l’Union du Maghreb Arabe, à la demande des pays concernés, qui souhaitent que l’UPM les aide à structurer la région. Timothée Decroix






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