par Jean-Sylvestre Mongrenier, le mercredi 14 novembre 2012

La guerre civile syrienne menace de déborder sur le Liban, la Turquie et la Jordanie mais le double veto russe et chinois à l'ONU préserve encore le régime de Bachar Al-Assad de toute condamnation ferme. Nonobstant les nécessaires nuances et précisions, il n'est pas exagéré de parler de « guerre froide sectaire » au Moyen-Orient, voire de « paix froide » au niveau global. Les puissances occidentales peuvent d'autant moins se désintéresser du cours des choses que, dans cet Orient tout proche, elles ont la Turquie pour alliée. Aussi les solidarités interalliées ne sauraient-elles être négligées, sur les frontières sud-est de l'OTAN comme à l'Est et dans le « lointain géographique.


Voilà dix-neuf mois que la Syrie a basculé dans l'insurrection, le conflit se transformant en une guerre civile qui menace de déborder sur le Liban, la Turquie et la Jordanie. Voulue et annoncée par Lakhdar Brahimi, émissaire de l'ONU pour la Syrie, la trêve pour la fête musulmane de l'Aïd aura été violée sitôt proclamée. Le pays s'est installé dans un cycle infernal de violences qui, selon diverses estimations, auraient fait près de 40 000 morts. Au Conseil de sécurité de l'ONU, le double veto russo-chinois préserve Bachar Al-Assad et son clan de toute résolution condamnant fermement le régime, avec adoption de sanctions internationales décisives.
De fait, le conflit est d'envergure régionale, ses contrecoups sont internationaux et le spectre d'une guerre sectaire généralisée hante les chancelleries. Les puissances occidentales peuvent d'autant moins se désintéresser du cours des choses que, dans cet Orient tout proche, elles ont la Turquie pour alliée. Menée selon différents niveaux d'analyse, une approche géopolitique permet de saisir les ressorts, les blocages mais aussi les développements de la situation en Syrie et dans son environnement régional.

Lire l'article sur le site de l'Institut Thomas More : http://www.institut-thomas-more.org/upload/media/tribuneitm36.pdf


Chercheur associé à l'Institut Thomas More, Jean-Sylvestre MONGRENIER est titulaire d'une licence d'histoire-géographie, d'une maîtrise de sciences politiques, d'un DEA en géographie-géopolitique. Docteur en géopolitique, il est professeur agrégé d'Histoire-Géographie et chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint- Denis). Il est ancien auditeur de l'IHEDN (Institut des Hautes Études de la Défense Nationales, Paris), où il a reçu le Prix Scientifique 2007 pour sa thèse sur « Les enjeux géopolitiques du projet français de défense européenne ». Officier de réserve de la Marine nationale, il est rattaché au Centre d'Enseignement Supérieur de la Marine (CESM), à l'École Militaire. Il collabore régulièrement à la revue Hérodote ainsi qu'au mensuel Afrique Magazine.