par Sabine Cessou, le vendredi 07 décembre 2007

Aux Pays-Bas, l'élévation du niveau des mers aurait d'importantes conséquences. La question de l'environnement est depuis longtemps l'objet d'un processus continuel de dialogue et les mesures pour lutter contre le réchauffement climatique se multiplient.


S'il n'y a pas de grand rendez-vous annuel entre partenaires sociaux sur l'environnement aux Pays-Bas, le sujet n'en est pas moins central. La prise de conscience est ancienne, pour la simple et bonne raison que notre pays se trouve aux trois-quarts en dessous du niveau de la mer, rappelle un porte-parole du ministère de l'Environnement.

En raison de ce combat permanent contre l'eau, le respect de l'environnement arrive en première position, avec le sport, parmi les principaux centres d'intérêt des Néerlandais. Les consultations sociales, qui sont parfois très longues, se font au cas par cas, sur chaque dossier, explique Marco Moort, porte-parole de la Fédération des syndicats néerlandais (FNV). Ainsi, pour parler de l'instauration d'une taxe kilométrique, qui devrait entrer en vigueur d'ici 2011, le gouvernement a organisé une convention associant syndicats et employeurs mais également toutes les organisations liées de près ou de loin à la voiture (garagistes, concessionnaores, assureurs, automobilistes...). Après cinq années de discussion, un consensus ayant été trouvé, il n'y aura pas de grandes vagues de protestation contre cette mesure, qui va pénaliser les automobilistes en fonction des distances parcourues et de leur type de véhicule, les plus polluants devant payer plus.

Des zones de tension n'en existent pas moins, sur le nucléaire notamment. Un revirement d'opinion est en cours sur l'atome, présenté par le patronat et des agences gouvernementales comme le moyen le plus efficace de réduire les émissions de CO2. Une courte majorité de Néerlandais se déclare aujourd'hui favorable à la construction d'une nouvelle centrale. Pour l'instant, le pays n'en compte qu'une seule, à Borssele, qui fournit 4 % de la production nationale d'électricité. Ouvert en 2006, le dossier d'une nouvelle centrale n'en a pas moins été refermé en février dernier. Les travaillistes, membres de la nouvelle coalition de centre-gauche au pouvoir, ne veulent pas prendre le risque de se mettre leur électorat à dos.

En attendant, d'autres discussions sont en cours sur la promotion des énergies renouvelables, un sujet bien plus consensuel. Le ministère de l'Economie a prévu de consacrer 10 milliards d'euros à un vaste programme de parcs éoliens offshore. Entre 2008 et 2020, une trentaine de parcs devraient être construits au large des côtes, en mer du Nord, pour satisfaire 15 % des besoins des ménages en électricité. En revanche, l'introduction d'une “taxe verte” de 45 euros par passager à l'aéroport de Schiphol, sur les vols long courrier, à partir de juillet 2008, fait tempêter les compagnies aériennes, qui n'ont pas été consultées. Elles redoutent un manque à gagner, avec une baisse de fréquentation qui ira de 8 % à 15 %. Elles contestent aussi l'effet environnemental de la mesure – qui sera infime sur les émissions de CO2 causées par les avions, confirment les experts. Autre zone de contentieux : le respect tatillon des normes européennes sur la pollution atmosphérique. Les Pays-Bas sont le seul pays d'Europe où des sociétés de BTP ont intenté une quarantaine de procès à l'Etat, après le gel de tout nouveau projet de construction routière, entre 2003 et 2006.


Sabine Cessou est journaliste à Amsterdam

Article publié dans le n°13 de novembre 2007 de Metis. "Correspondances européennes du travail".

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