par Jean-Dominique Giuliani, le mercredi 20 juin 2007

A la veille de l'important Conseil européen au cours duquel les Chefs d'Etat et de Gouvernements européens devront se prononcer sur une proposition allemande de réforme des institutions de l'Union, quelques certitudes s'imposent qui nourrissent un espoir.


La France est revenue à la table de l'Europe. Son silence assourdissant après le Non référendaire de 2005 nous a causé un grave préjudice et a rouvert des débats qui étaient clos. Nous avons fait plusieurs pas en arrière et les aléas politiques en Pologne, en République tchèque et au Royaume-Uni, ont permis à ces pays de reprendre une signature qu'ils avaient donnée en connaissance de cause. L'analyse et la démarche de Nicolas Sarkozy ont permis à la France de parler de nouveau à ses partenaires et de proposer une sortie des difficultés qu'elle a créées.

Pour autant, il reste à concilier ceux qui ont adopté la Constitution – ils sont majoritaires – et ceux qui ont "rencontré des difficultés". Par son soutien sans faille à la présidence allemande, la France marque son engagement européen et démontre une fois de plus que le couple rhénan reste un moteur indispensable des progrès de l'unification européenne. Si cela ne s'avérait pas suffisant pour convaincre, nous devrions alors aller de l'avant à quelques uns et cela paraît désormais possible.

L'intérêt de l'Union européenne est de résoudre au plus vite ses interrogations institutionnelles pour lancer de vrais débats et imaginer de nouvelles politiques communes, indispensables aux défis économiques, énergétiques, sécuritaires, ou migratoires. Un accord à ce Conseil devra être interprété ainsi : permettra-t-il d'aller plus vite et plus loin pour répondre à des questions urgentes que nos Etats ne peuvent résoudre seuls ?

L'espoir est enfin que l'incertitude polonaise et la régression eurosceptique britannique puissent être, une fois de plus, surmontées pour la promotion de nos intérêts communs. Il est tellement contraire aux intérêts de la Pologne et aux vœux des Polonais de faire jouer leur droit de veto qu'on peut espérer que les "jumeaux terribles" n'iront pas jusque là dans l'absurdité politique. Quant aux britanniques, espérons qu'ils sauront ne pas tenir compte de la campagne de presse populiste et primaire qu'ont lancée – à quelle fin ? – certains journaux qui ne font que déstabiliser un Premier ministre nouveau qui doit encore s'imposer chez lui comme en Europe.

Après le Conseil des 21 et 22 juin 2007, l'Europe ne sera plus comme avant. Les Chefs d'Etat et de gouvernement ne pourront plus se contenter d'entériner des décisions préparées par des experts, ils devront assumer politiquement leurs prises de position et, entre eux, parler politique. Le mouvement d'intégration de l'Europe est une affaire politique avant d'être diplomatique. Nous allons reparler de politique en Europe ; nous devons et pouvons parler de tout. Tant mieux, c'est ce qui nous manquait le plus !
















Jean-Dominique Giuliani (http://www.jd-giuliani.org) est président de la Fondation Robert Schuman (http://www.robert-schuman.eu)