À propos
Partenaires
Contact
 
Web www.fenetreeurope.com

Dossiers

Mardi 15 Juillet 2003
Etudier dans un autre pays européen
[Anne-Sophie Crouzet]

De nombreux élèves et étudiants souhaitent aujourd’hui effectuer une partie de leur cursus scolaire ou universitaire dans un autre pays européen. Le but : apprendre le plus souvent une langue étrangère mais aussi se frotter à d’autres cultures et vivre ainsi pleinement leur citoyenneté européenne. L’Union européenne a mis en place des programmes de plus en plus efficaces, Erasmus, Leonardo ou encore le service volontaire européen, qui permettent à un nombre croissant de jeunes de réaliser ce type de projets. Mais l’effectif des participants reste limité, essentiellement en raison du coût financier qu’implique un séjour à l’étranger.

Les échanges, un moyen de vivre réellement l’Europe
De plus en plus de jeunes envisagent, au cours de leur cursus universitaire, de partir quelques semaines ou quelques mois dans une école ou une université d’un autre pays européen. Grâce à la libre circulation et aux initiatives communautaires, la concrétisation de ces projets d’échange est désormais facilitée. La Commission européenne a comme objectif de promouvoir la mobilité, seul véritable moyen de vivre pleinement l’Europe et de combler les lacunes concernant l’apprentissage des langues étrangères.
L’action Erasmus, mis en scène par Cédric Klapish dans le désormais célèbre film « L’Auberge espagnole » est sans doute le plus connu des programmes d’échanges. Grâce à lui, 150.000 étudiants partent chaque année pour un séjour de trois mois à un an dans un autre pays européen.
Le programme Lingua est plus particulièrement destiné aux jeunes de 14 à 25 ans qui ont pour unique ambition de parfaire leurs connaissances en langues étrangères par le biais d’échanges linguistiques. L’action Comenius concerne quant elle les collégiens et les lycéens.
Leonardo da Vinci soutient en parallèle les partenariats transnationaux en matière de formation professionnelle. Les étudiants ou les jeunes diplômés âgés de moins de 28 ans peuvent par son biais effectuer un stage dans une entreprise étrangère.
Trente et un Etats participent à ces programmes : les membres et futurs membres de l’UE, mais aussi l’Islande, la Norvège, le Lichtenstein, la Turquie, la Roumanie et la Bulgarie.

Le service volontaire européen, une initiative à part
Le service volontaire européen est un des principaux volets du programme Jeunesse de l’Union européenne. A l’inverse d’Erasmus ou de Leonardo, cette action met l’accent sur l’éducation non formelle en permettant à des jeunes de 18 à 25 ans, quelque soit leur niveau d’études, de participer à un projet d’intérêt général dans un autre pays européen, pour une durée comprise entre 6 et 12 mois.
Concrètement, 450 français partent chaque année et vivent avec le service volontaire européen une expérience privilégiée dans une association à but non lucratif ou dans des collectivités territoriales. Les activités concernent essentiellement l’assistance aux personnes en difficultés, la protection de l’environnement, l’aide humanitaire ou encore la lutte contre les discriminations. Avant le départ, le jeune bénéficie d’une préparation linguistique et culturelle. Sur place, il est logé, nourri, et reçoit de l’argent de poche, mais pas de rémunération. A son retour, il peut également dans certains cas bénéficier d’une aide « Capital avenir » pour réaliser un projet de développement personnel ou professionnel.
Outre les 31 pays participants aux programmes Erasmus et Leonardo, le service volontaire européen est ouvert aux Etats du Bassin méditerranéen, à la CEI et à l’Amérique latine.

Privilégier les pays d’Europe centrale et orientale aux Etats anglophones
Selon une enquête de la Commission, les étudiants partant dans le cadre d’Erasmus ou d’autres programmes cherchent avant tout à parfaire leur connaissance dans une langue étrangère.
L’anglais s’imposant inéluctablement comme la langue internationale de communication, la plupart des jeunes choisissent une destination anglophone, la Grande-Bretagne ou l’Irlande. Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, et la France sont aussi particulièrement prisés, les langues correspondantes étant fréquemment parlées dans le monde entier.
Mais de plus en plus d’observateurs jugent cette situation regrettable. Comme le souligne justement Emmanuel Cohen-Hadria, membre des jeunes européens de Sciences-Po, « l’anglais, on est de toute façon forcé de l’apprendre. Ce qu’il faut, c’est faire la différence sur une seconde langue. Avec l’élargissement de l’Union européenne, ce sera un atout considérable de parler le polonais ou le tchèque ».
De plus, une grande proportion des habitants des pays d’Europe centrale et orientale, notamment les plus jeunes, maîtrisent au moins une langue davantage «véhiculaire », comme l’anglais, l’allemand, et même le français. Il est donc facile, dans les premiers temps du séjour, de communiquer avec les nationaux.
Partir pour plusieurs mois dans les futurs Etats membres de l’Union européenne représente en outre une formidable occasion de rencontrer leur culture, leurs traditions politiques, qui, d’ici moins d’un an, feront partie du patrimoine de l’UE.

Trop peu de jeunes sont concernés
Malgré les efforts réalisés par les écoles, les universités et les autorités européennes, le nombre d’élèves, d’étudiants et de jeunes en général bénéficiant des programmes d’échanges reste restreint. Seulement quelques centaines de milliers peuvent en profiter, alors même que la population scolaire et universitaire représente 22% de la population totale de l’Union européenne.
Cette situation s’explique notamment par un manque de communication dans certaines régions. Beaucoup d’élèves et d’étudiants ne connaissent que de nom Erasmus et Leonardo. Quant au service volontaire européen, il semble tout bonnement méconnu.
Mais le principal obstacle à la généralisation des échanges réside dans l’aspect financier. Les bourses accordées par l’Europe sont la plupart du temps très faibles et ne suffisent pas à couvrir les frais d’un séjour de plusieurs mois. Si les régions, les municipalités ou les fondations privées donnent parfois un coup de pouce, les jeunes bénéficiant d’un soutien pécuniaire de leur famille sont souvent les seuls à pouvoir se permettre de partir plusieurs mois dans une ville où il leur faudra payer un logement et subvenir aux besoins du quotidien.
Pour la période 2000-2006, l’UE a débloqué 3 milliards d’euros pour les programmes d’échanges. Une somme jugée insuffisante au regard des objectifs visés : si l’UE veut être, d’ici à 2010, l’économie de la connaissance la plus puissante du monde, elle devra faire les efforts nécessaires pour améliorer la mobilité des jeunes et l’apprentissage des langues étrangères (60% des Européens ne maîtrisent que leur langue natale). Au delà, il s’agit aussi pour l’Europe de faire prendre conscience à la jeune génération, qui représente son avenir, qu’elle vit bel et bien la citoyenneté européenne.

Articles en liens
Jeunesse : Le service volontaire européen (SVE) fête ses dix ans. [25/11/2006]

Vidéos en liens
Vivre l'Europe grâce aux programmes d'échanges. [30/06/2003]


À propos  -  Partenaires  -  Contact - Copyright 2012 Fenêtre sur l'Europe