Nicolas Sarkozy est déterminé à faire revoter les Irlandais. Le 21 juillet prochain, l’actuel Président du Conseil européen s’envolera à destination de l’Irlande pour les convaincre de la nécessité d’organiser un second référendum, qui permettrait l’approbation du Traité de Lisbonne par le peuple irlandais, qui l’a rejeté le 12 juin dernier à 53,4%.
Le Président de la République Française viendra à Dublin avec une mallette à outils remplie d’instruments, qui espérons le feront changer d’avis les Irlandais. Concrètement, il leur garantira le fait que la Commission européenne maintiendra sa composition actuelle, c’est à dire un Commissaire par pays, ce qui permettra au pays celtique de garder un(e) national(e) au sein de l’Organe exécutif européen.
En outre, Nicolas Sarkozy ne devrait pas mettre sur la balance l’épineuse question de l’avortement, ni même remettre en question la neutralité militaire de l’Irlande ainsi que ses particularités fiscales. L’ensemble de ces mesures, si elles sont acceptées par les deux parties, devraient prendre effet d’ici le mois de décembre, pour très probablement déboucher sur un second référendum qui devrait se tenir vers le début de l’année prochaine. Si ce scénario intervenait, ce serait un nouveau succès pour la Présidence Française de l'Union européenne (PFUE) et indirectement un triomphe politique pour Sarkozy.
La force européenne de protection civile, un projet pour la présidence de l'UE,,,et pour l'UPM?
Inondations en Europe centrale et orientale et naufrage du Prestige en Espagne en 2002, vastes incendies de forêts dans le sud de l’Europe en 2003, tsunami en Asie en 2004, puis incendies en Grèce à l’été 2007 : Depuis le début des années 2000, la multiplication des catastrophes écologiques viennent régulièrement souligner le manque de coordination face aux drames humains que provoquent ces catastrophes.
Fin 2005, la France, a proposé à ses partenaires la création d'une force d'intervention rapide de protection civile (FIRE). L’Espagne, l'Italie et le Portugal dès l’été 2006 puis la Grèce en 2007, confrontés à des risques similaires, ont décidé de rejoindre cette force (alors appelée FIRE 4), composée en pratique de quatre détachements de 60 hommes (un par pays), pour faciliter les interventions conjointes en cas de tremblements de terre, de feux de forêts ou d'inondations.
En 2006, Michel Barnier, conseiller spécial du Président de la Commission Européenne, remet sur la table un projet encore plus ambitieux. Il présente le 9 mai 2006 au Conseil européen un rapport proposant la création d’une véritable force de protection civile . A la faveur de ce rapport, les deux années suivantes ont été marquées par un renforcement des initiatives communautaires en faveur de la protection civile avec la création d'un instrument financier pour le financement des mesures de préparation et de réaction rapide aux urgences majeures et par la mise sur pied d’un mécanisme communautaire de protection civile renforcé.
Le traité « simplifié » de Lisbonne, en cours de ratification par les États membres de l'Union européenne, confortait l'assise juridique de l'action de l'Union européenne dans le domaine de la protection civile et prévoyait plusieurs avancées comme l’article 222 qui instituait une clause de solidarité entre États membres. Le non irlandais du 13 juin 2008 retarde malheureusement l’application de ces avancées.
Cependant la présidence pourra mettre en œuvre les propositions [suite de l'article...]
A quatre jours du Sommet de Paris pour la Méditerranée, le représentant de la PFUE de l’Union européenne, Jacques Huntzinger, a indiqué dans une interview qu’il a accordé au journal « Le Matin du Sahara et du Maghreb », que le Maroc a été l’un des premiers Etats à exprimer son soutien au projet d’Union Pour la Méditerranée (UPM), et qu’il « apporte tout son dynamisme, toute sa volonté et toute sa force de proposition à ce projet.
Huntzinger a également signalé que le prochain Sommet de Paris aura pour défis d’ « exprimer une volonté politique commune de tous les pays européens et méditerranéens, de relancer le partenariat dans la région méditerranéenne et faire de la Méditerranée, un objet central de la politique européenne. »
Lors de cet entretien, il a aussi évoqué les principales étapes attendues pour le partenariat Maroc-Union européenne sous la Présidence française de l’Union européenne (PFUE), en rappelant que « le défi le plus important sera d’élever le niveau de la relation entre le Maroc et l’Union européenne. »
Il a enfin tenu à mentionner que cette élévation du niveau se traduira formellement par une rencontre entre la délégation de la PFUE et les autorités marocaines au cours de ce semestre.
La proposition de Bruxelles d'ajouter à sa liste des services promis à une TVA réduite la restauration a fait "cocorico" du côté des responsables français et pour cause elle était réclamée depuis 202 par Jacques Chirac.
Pourtant cette réduction, soumise à la loi de l'unanimité est loin d'être acquise. L'Allemagne, qui a il y a un an relevé ses taux de TVA pour aider à combler ses déficits publics, craint une contagion de cette mesure outre-Rhin et comme l'a déclaré un porte parole de la chancellerie interrogé par la Tribune "le gouvernement allemand reste secptique en face de réflexions portant sur de nouveaux aménagements ou différentiations dans le système de TVA en Europe". Nicolas Sarkozy va donc devoir s'employer à convaincre Angela Merkel.
Mais les résultats attendus seont-ils au rendez-vous?
Pour le pouvoir d'achat c'est râpé : les restaurateurs n'ont semble-t-il pas l'intention de baisser les prix des menus préférant, ce qui est louable, augmenter les salaires de leurs employés.
Quant à l'emploi l'impact devrait être beaucoup moins important qu'annoncé : l'expérience menée par l'ex-Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui avait mis en place, en guise de substituion à cette baiss de TVA refusée, des aides sociales importantes pour le secteur,a montré que les espoirs d'embauche de 60.000 emplois n'avaient pas, loin de là, été atteints.
Au cours du premier G8 de son mandat, le nouveau chef d’Etat russe, Dimitri Medvedev, a fait part de son optimisme à ce que durant sa présidence semestrielle de l’Union européenne, « la France contribuera à la signature du nouveau traité entre la Russie et l’Union européenne ».
« Enfin, nous sommes proches de la signature du nouveau traité a t-il déclaré. Je compte sur le fait que durant la Présidence française, nous ferons le nécessaire pour accélérer la rédaction de l’ensemble des documents » a ajouté le successeur de Vladimir Poutine, en marge du G8 qui se tient cette année dans la ville de Toyako, au nord du Japon.
Pour sa part, son homologue français, Nicolas Sarkozy, a dit qu’il fera le maximum pour que l’Union européenne et la Russie puissent commencer une « coopération fructueuse », et a par ailleurs exprimé son souhait que ce traité puisse être définitivement adopté lors du sommet Russie-Union européenne qui se déroulera au mois d’octobre prochain. Rappelons enfin que ce traité portera dans un premier temps sur des questions énergétiques et pourrait ensuite s’étendre au commerce.
Faisant allusion à une prochaine augmentation du principal taux directeur de la BCE Nicolas Sarkozy avait estimé, lundi 30 juin sur FR3, que celle-ci devait "se poser la question de la croissance économique" et pas simplement de l'inflation".
Jean-Claude Trichet ne l'a pas suivi en augmentant hier le taux directeur de la BCE d'un quart de point au motif que l'inflation était inquiétante. Mais cette augmentation du prix du crédit était-elle nécessaire quand on sait que les principales causes de l'inflation (hausses du prix du pétrole ou des prix alimentaires) sont externes à l'Union européenne ? Que peut donc apporter cette décision unilatérale?
Peut-on dans ces conditions laisser la Banque centrale européenne s'enfermer dans un dogmatisme qui en l'occurrence n'a pas lieu d'être.
Le problème de la gouvernance économique de l'Union européenne se repose donc en pleine présidence française de l'Union européenne.
Et voilà ! Il a suffi que les Irlandais rejettent le traité de Lisbonne par référendum pour que le décret tombe : le « peuple » ne veut pas de l’Europe telle qu’elle se construit à Bruxelles.
Et qui s’érigent en représentants brevetés de ce « peuple » rétif à la construction européenne? Les eurosceptiques, bien sûr, qu’ils soient de la gauche la plus anticapitaliste ou de la droite la plus conservatrice… Ils ne sont d’accord sur rien, sauf sur un point : démolir ce qui a été bâti depuis cinquante ans.
Le peuple irlandais a parlé, nul ne conteste le résultat. Mais ce qu’un vote a fait, un autre vote peut le défaire. Les Suisses, champions toutes catégories des « votations » populaires, passent leur temps à se déjuger d’un scrutin à l’autre sans que personne ne crie au déni de démocratie.
Les habitants de la verte Erin ont déjà revoté sur le traité de Nice et dit « oui » moyennant quelques garanties sur leur neutralité. Avant eux, les Danois s’y étaient eux aussi repris à deux fois avant de ratifier le traité de Maastricht. Où est le scandale ? Quand on croit à la démocratie représentative – tellement moins aléatoire que la démocratie populaire - le scandale se trouve plutôt dans l’attitude du président polonais qui refuse désormais de signer le traité de Lisbonne alors qu’il a été ratifié par la Parlement de son pays à une large majorité…
De la verte Erin aux rives de la Vistule, l’Europe ne saurait se construire contre les peuples. OK. Mais les élites ne doivent pas renoncer à leur rôle d’éclaireur. Croit-on que les Allemands auraient abandonné le Mark au profit de l’Euro si le chancelier Kohl les avait consultés par référendum ?
Baudouin Bollaert (1er juillet 2008)
Nicolas Sarkozy va-t-il pouvoir sauver le traité de Lisbonne ? Mauvaise nouvelle tombée dès le premier jour de la présidence française : le président polonais vient de se servir du non irlandais pour refuser la ratification du traité que la diète polonaise avait pourtant approuvée. De son côté le président allemand attend l'avis de la Cour constitutionnelle avant de promulguer la loi de ratification : un député conservateur bavarois, et le groupe parlementaire de gauche radicale Die Linke ont, en effet, déposé un recours émettant des doutes sur la constitutionnalité du traité. Enfin alors que son parlement ne s'est pas encore prononcé, le président tchèque marque aussi clairement son opposition au traité...
Il faut vraiment revoir la construction européenne. Celle-ci ne peut plus se permettre de ne pas se donner les moyens d'avancer et de fonctionner. Il faut absolument donner aux pays qui le veulent les moyens d'aller de l'avant malgré les vetos de certains pays.
Dans un entretien intitulé « Pour que la France réussisse… » qu’il a accordé au journal Le Parisien à deux jours de l’ouverture de la Présidence française de l’Union européenne (PFUE), l’ancien Président français et architecte du projet de Constitution européenne, Valéry Giscard d’Estaing (VGE), a souhaité à l'instar du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, que cette Présidence soit « modeste ». Il a par ailleurs ajouté que « les Français, qui ne sont pas modestes comme vous le savez, croient que la présidence de l'Union consiste à diriger l'Europe. Or l'Europe est dirigée par ses institutions et pendant six mois la France va exercer la présidence de l'une d'entre elles, le Conseil … mais cela ne veut pas dire qu'on a le pouvoir de décider à la place des autres »
Dans ses propos, on sent que VGE recommande à Nicolas Sarkozy, une approche assez pragmatique, sans passage en force sur des questions essentielles qui ne recueilleraient pas l’unanimité, de façon à ne se pas se mettre à dos ses partenaires européens.
Interrogé sur les dossiers qui lui paraissent prioritaires pour cette PFUE, VGE a recensé l’énergie, l’immigration et la défense européenne.
Figure européenne incontournable, Valéry Giscard d’Estaing s’est également exprimé cette semaine dans les colonnes de l’Express dans une interview menée par Christophe Barbier, à qui il a confié que « Les Irlandais sont des pro européens inquiets ! Il faut les rassurer, au lieu de les menacer. »
