Que restera t-il de la turbulente PFUE ?

70 jours, c'est précisément le temps qu'il reste à Nicolas Sarkozy pour terminer son oeuvre à la tête du Conseil européen. 70 jours pour espérer arriver à un bilan qui permettra de dire, voilà la Présidence Française de l'Union européenne (PFUE) aura été utile et efficace. Voilà la PFUE aura été l'occasion pour la France de faire son retour dans le concert des grandes nations européennes.

Mais au delà de ces considérations purement factuelles, la véritable question qui se pose actuellement est de savoir que deviendront les chantiers inachevés de la PFUE ? Comment sera gérée la question du Traité de Lisbonne par nos amis (eurosceptiques) tchèques, au cours du premier semestre 2009 lorsqu'ils tiendront les rênes de l'U.E. ?

De quelle façon seront arbitrées d'éventuelles turbulences économiques au second semestre 2009 lorsque la Suède présidera l'U.E., alors même que son économie ne fait pas partie de l'Euroland ? Qui ira tenir tête à la Russie si le bourbier géorgien devait se raviver ? Autant de questions qui pointent du doigt la terrible faiblesse des présidences tournantes de l'U.E. : manque de stabilité, manque de cohérence, manque d'impulsion forte et continue.

Bien qu'elle ait présenté un programme très ambitieux, la PFUE ne pourra probablement pas achever tous ses projets en raison de nombreux facteurs imprévus - conflit russo-géorgien et crise financière en première ligne - ; espérons seulement que les avancées qui seront au stade embryonnaire au 31 décembre 2008, ne seront pas violemment avortées en début d'année prochaine.

La crise financière monopolise les débats de la PFUE

En début d'année 2008, quelques mois avant de prendre les rênes de la Présidence Française de l'Union européenne (PFUE), Nicolas Sarkozy savait bien que le défi qui l'attendait ne serait pas une mince affaire. Principal initiateur du Traité européen simplifié, il s'était préparer à gérer cet épineux dossier. Mais ce qu'il ignorait par contre, c'est qu'il serait amené à enfiler les habits du parfait diplomate pour arbitrer le conflit russo-géorgien au nom de l'Europe, et bien pire encore la crise financière mondiale qui sévit maintenant depuis plusieurs semaines.

Les cendres du bourbier russo-géorgien à peine consumées, le pompier Sarkozy a donc du s'attaquer au brasier de la tourmente économique planétaire. De réunions nocturnes en mini-sommets européens de crise improvisés, le Chef de l'État français a déployé tous les moyens pour travailler en harmonie avec ses partenaires européens, pour tenter de sauver du gouffre les banques et les épargnants européens.

Chaque matin, chaque midi, chaque soir, journaux et télévisions français et européens n'en ont que pour la crise et le pouvoir d'achat. Certes, ce sont des problématiques qu'on ne peut pas solutionner en quelques jours seulement, et qu'il faut résoudre rapidement pour préserver l'équilibre du monde, mais à force de trop recentrer tous les débats sur le système financier, ne risque t-on pas de mettre entre parenthèses les priorités politiques de la PFUE, avec le Traité de Lisbonne en tête de liste ?

L'Union européenne rassure les Français

Surprenant non ? Selon un sondage réalisé par l'institut CSA pour le Parisien sur les effets de la crise financière, 55% des 802 personnes interrogées le 26 septembre comptent sur elles pour s'en sortir, mais 53% d'entre elles comptent aussi sur les entreprises et 52% sur l'Union européenne. Celle-ci face à une crise venue de l'économie américaine leur apparaît comme une zone de relative stabilité.

On l'avait presque oublié !

C'est vrai qu'on n'a plus de guerre depuis la réconciliation franco-allemande et l'instauration de la CECA. Je ne parle bien sûr pas des pays des Balkans qui ne font pas partie de l'Union européenne.

C'est vrai qu'on a aussi l'euro (nous Français qui sommes dans l'Union économique et monétaire). Certes son cours est actuellement élevé. Mais essayons d'imaginer l'instabilité dans laquelle se serait trouvé le franc s'il avait encore existé en ces périodes de troubles. Revoyons les dégâts des dévaluation incessantes de notre monnaie avant la monnaie unique.

Et combien d'autres exemples concrets pourraient être avancés en faveur de l'Europe.

Oui l'Europe existe mais on ne la met pas assez en évidence.

Les expéreinces d'AirFrance KLM et celles d'EADS montrent l'influence nationale des campagnes électorales sur des décisions économiques plutôt évidentes.

Rappelons-nous la camapgne victorieuse de Silvio Berlusconi. L'actuel chef de gouvernement italien avait clairement fait obstacle en mars dernier pour le rejet du projet de rachat d'Air Italia par AirFrance-KlM n'hésitant pas à donner raison aux syndicats italiens qui protestaient contre la suppression de quelque 2100 postes.

Résultats : Alitalia continue de perdre de l'argent au risque de ne plus pouvoir approvisionner ses avions en carburant. Mieux encore, le même Berlusconi pousse maintenat les syndicats à accepter le projet des investisseurs encore plus draconien au niveau de l'emploi que celui d'AirFrance-KLM....avec autour de 3250 postes de supprimés.

L'exemple américain est tout aussi, voire plus évident. EADS et son partenaire américain Northon Grumman avaient remporté face à Boeing le mégacontrat de 179 avions ravitailleurs de l'armée de l'air américaine.

Cette décision réaliste du Pentagone avait suscité une polémique s'appuyant sur le patriotisme national qui n'a cessé d'empirer avec l'avancée de la campagne électorale. D'autant plus que Boeing, pour gagner du temps (il n'est pas en mesure actuellement de fournir des avions répondant aux besoins de l'armée américaine), avait déposé un recours devant la Cour des comptes du Congrès qui avait conclu que l'armée américaine "avait commis nombre d'erreurs significatives qui pouraient avoir affecté le résultat d'une compétition serrée entre les deux candidats."

La Cour des comptes recommandait en conclusion au Pentagone de rouvrir la compétition. Ce dernier vient cependant d'annoncer que le nouvel appel d'offres était tout simplement annulé au motif qu'il "était trop sensible" dans un contexte de campagne électorale survolté.

A noter aussi que Barak Obama est élu dans l'Etat de l'IIinois où Boeing a son siège. Son rival John McCain, quant à [suite de l'article...]

Les dangers de rejeter la Serbie

Refuser à la Serbie la pleine exécution de l' ASA est imbécile voire criminel, le gouvernement serbe est fragile.

L'Europe va pousser les extrémistes dans les bras de la Russie qui n'attend que ça.

C'est dangereux et irresponsable, que les Pays Bas aient été humiliés dans les Balkans, c'est un fait historique, s'acharner sur la Serbie n'est pas sérieux et contre productif c'est la politique de gribouille.

M Grenier Bordeaux

Statut quo sur la TVA réduite dans l'UE

Réunis à Nice vendredi et samedi derniers, lors de la réunion Ecofin qui était organisée dans le cadre de la Présidence Française de l’Union européenne (PFUE), les ministres européens des Finances sont restés divisés sur une baisse commune de la TVA sur certains produits ou services au sein de l’Union européenne.

En effet, pas moins de la moitié des Etats membres s’est dite hostile à de tels changements, au premier rang desquels on retrouve l’Allemagne, contrairement à la France ou la Belgique qui se disent pour leur part favorables à ce type d'amendements communautaires.

En juillet dernier, la Commission européenne avait proposé d’étendre la liste des produits et services qui pourraient être soumis à un taux de TVA plus faible pouvant descendre jusqu’à 5% comme pour la restauration par exemple, un secteur économique que la France met en avant depuis bien longtemps.

A ce propos, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrueck, a fait savoir que si on réduisait la TVA de 19 à 7% pour les hôtels et les restaurants en Allemagne, cela occasionnerait une perte de 3.600 millions d’euros pour l’Etat allemand.

Kouchner fait planer le risque de sanctions contre la Russie

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, a assuré aujourd’hui que l’Union européenne n’excluait pas l’application de possibles sanctions contre la Russie, en raison de son attitude dans le conflit qui l’oppose à la Géorgie. En effet, la récente reconnaissance par la Russie de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, a déclenché un profond malaise au sein de la communauté internationale.

Ces déclarations interviennent quatre jours avant le Conseil européen exceptionnel du 1er septembre, qui aura pour but de faire le point sur l’actuel bourbier qui se produit aux portes de l’Union européenne. Il convient également de préciser que c’est la première fois depuis le début du conflit que l'on emploie le terme de "sanctions".

Le Chef de la diplomatie française a toutefois assuré qu’il ne voulait pas « anticiper » de quelconques sanctions contre Moscou. Mais quand on sait que la France tient les rênes de la Présidence tournante, et qu’elle a été largement impliquée dans la rédaction de la déclaration de cessez-le-feu, on comprend aisément pourquoi Kouchner est un personnage central dans toute cette affaire. Et que par conséquent ses propos risquent fort de se transformer en actes.

Par ailleurs, afin d'éviter tout emballement médiatique, un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a tenu à nuancer les propos de Bernard Kouchner en affirmant que s’il y’aura des sanctions, elles viendront peut-être de plusieurs pays et non d’un seul.

Pour conclure, Bernard Kouchner a ajouté que l’objectif principal du Conseil exceptionnel de lundi (le premier de ce genre depuis l’invasion américaine en Irak en 2003), sera de « rédiger un communiqué qui reflète notre détermination à ne pas accepter la situation en Géorgie ».

La Présidence française de l’Union européenne (PFUE) a « condamné fermement » ce mercredi la décision de la Russie de reconnaître l’indépendance des deux régions séparatistes de Géorgie, à savoir l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.

Pour la PFUE, cette décision est « contraire aux principes d’indépendance, de souveraineté, et d’intégrité territoriale de la Géorgie, reconnus par la Charte des Nations Unies, l’Acte final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe ainsi que par les résolutions correspondantes du Conseil de Sécurité de l’ONU ». Par ailleurs, la PFUE a demandé à la Russie de respecter le tracé des frontières internationalement reconnues.

Interrogé sur la question, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a déclaré qu’ « il ne s’agit pas d’une bonne nouvelle, nous condamnons fermement cette attitude ».

Le sommet européen exceptionnel du 1er septembre prochain sera l’occasion de discuter de cette récente polémique.

Zimbabwe, paix, et justice

Aujourd'hui se tenait à Bordeaux le premier sommet UE-Afrique du Sud.

Plusieurs sujets ont notamment été abordés, mais le principal est la situation au Zimbabwe.

Dans ce pays, les récentes élections présidentielles ont été un désastre démocratique, lors duquel le candidat de l'opposition Morgan Tvansgirai a été contraint de se retirer.

Au terme d'un second tour marqué par de nombreuses violences et intimidations, Robert Mugabe a ainsi été réélu sans surprise,... puisqu'il était redevenu le seul candidat.

Le président français, qui préside actuellement le Conseil européen, a une nouvelle fois fermement condamné les violences qui ont entaché le scrutin, au nom de l'UE.
"Moi, je ne parlerai pas à M. Mugabe parce que j'ai un jugement très sévère sur ce qu'il a fait", a déclaré Nicolas Sarkozy au terme de ce sommet.

Surtout, l'UE a affirmé son soutien à l'Afrique du Sud, qui joue actuellement le rôle de médiateur dans la crise politique du Zimbabwe.
Mais ce soutien est prudent : "il y a un accord (au sein de l'UE) pour soutenir la médiation courageuse du président Mbeki (...) parce qu'il n'y a pas d'autre voie possible dans l'immédiat", et "pour lui donner un peu de temps puisque nous avons enregistré quelques progrès que nous saluons" a déclaré Nicolas Sarkozy.

En effet, la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki est contestée, tant par Mugabe que par son opposant. Mais surtout ses chances d'aboutir sont très maigres, alors que Mugabe a prouvé une nouvelle fois son attachement maladif au pouvoir, et que Tvansgirai, le seul a avoir une légitimité, ne pourra vraisemblablement obtenir qu'un poste de seconde importance.

Enfin, cette médiation, et le désir de trouver une sortie de crise laisse craindre à certains que la justice soit reléguée au second plan. Amnesty International a ainsi appelé à ce que les atteintes aux droits de l'Homme soient punies. La réconciliation et la paix justifient-elles que la justice ne soit pas faite? difficile [suite de l'article...]