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Samedi 27 Août 2005
Santé : l'Europe ne suit pas les Pays-Bas dans leurs mesures face au risque de grippe aviaire
[Fenêtre sur l'Europe]


Les experts européens estiment disproportionné le confinement des volailles imposé par les Pays-Bas. Ils appellent simplement les Etats et les fermiers européens à la vigilance et souhaitent une information appropriée et fiable à l'intention des consommateurs.

Les experts néerlandais étaient venus en force à la réunion des experts sanitaires européens tenue jeudi à Bruxelles. Ils espéraient convaincre leurs collègues européens du bien-fondé des mesures de confinement de leurs volailles de plein air prises par leur pays, il y a quelques jours, face au risque d'épidémie de risque aviaire. Les Pays-Bas avaient, il est vrai, payé un lourd tribu en 2003 quand une flambée d'une telle grippe n'avait été stoppée qu'au prix d'un abattage massif touchant plus de 25 millions d'oiseaux.

Ils n'ont cependant pas été suivis par leurs autres collègues. Seuls les allemands envisagent éventuellement de les copier. Selon le porte-parole du commissaire européen à la Santé et à la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, le groupe d'experts a jugé les dispositions radicales prises aux Pays-Bas disproportionnées à l'heure actuelle. Ils jugent en effet le risque de transmission du virus H5N1 par l'intermédiaire d'oiseaux migrateurs sauvages comme "éloigné et faible." Seuls le nord de l'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark constituent des points de transit sur les routes de migrations provenant de l'ex-empire soviétique et notamment de la Russie où sévit actuellement l'épidémie.

Les experts européens demandent cependant aux Etats-membres de "réévaluer et d'intensifier" les programmes de surveillance déjà prévus pour 2005-2006, notamment pour les oiseaux migrateurs aquatiques (canards sauvages) considérés comme les principaux vecteurs potentiels du virus H5N1 transmissible à l'homme.

Ils ont aussi préconosé un renforcement des contrôles aux frontières pour assurer le respect de l'interdiction d'importation d'oiseaux vivants et de plumes en provenance de Russie et du Kazakhstan, édictée par l'Union européenne et en vigueur depuis le 12 août.

Les experts européens recommandent aussi une sensibilisation accrue des éleveurs au risque potentiel et une communication appropriée et fiable du consommateur pour éviter une désaffection du public à l'égard des volailles.

La Commission européenne assurera à hauteur de 50% un co-financement des actions menées dans ce sens dont notamment des tests.


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