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Jeudi 04 Novembre 2004
Transport ferroviaire : le ferroutage ne fait pas recette en France
[Fenêtre sur l'Europe]
La France avait inauguré le 4 novembre 2003 son premier tajet de ferroutage entre la Savoie et l'Italie. Un an après selon la SNCF les résultats apparaissent encore modestes
Le premier convoi de ferroutage avait emporté 14 wagons de fret et un wagon restaurant-détente pour les chauffeurs, de la gare d'Airon en Savoie à celle d'Orbasso, dans la région de Turin, après un parcours de trois heures pour 175 kilomètres dont plus de 25 sous des tunnels alpins. Ce service devait monter ensuite progressivement en puissance avec quatre navettes quotidiennes à partir du 19 novembre 2003. Cette autoroute ferroviaire, lancée à l'initiative de la SNCF et de son homologue italien Renitalia, est exploitée par la société AFA (Autoroute Ferroviaire Alpine) dont les deux compagnies détiennent chacune 38,25% du capital tandis que le constructeur du Wagon, Modalohr, en détient 12,25%, le solde étant ouvert notamment aux gros transporteurs routiers.
Les wagons Modalohr présentent une technique originale de chargement des poids-lourds. Ils pivotent, en effet, sur eux-mêmes pour permettre aux camions de rentrer à bord par les côtés. Les chauffeurs disposent d'un wagon détente avec fauteuils de TGV première classe et possibilité de restauration.
Cette première autoroute ferroviaire, dont les travaux dureront jusqu'en 2006 pour atteindre sa pleine capacité, a une valeur de test pour la poursuite du projet de liaison franco-italienne à grande vitesse entre Lyon et Turin dont on sait qu'il est très controversé dans le monde politique. Or, d'après l'AFA, seulement quelque 5000 poids lourds ont emprunté les navettes depuis un an, tandis que 4000 camions franchissent chaque jour les Alpes par le tunnel du Fréjus et près de 1500 par le tunnel du Mont-Blanc. L'AFA aurait toutefois enregistré une nette augmentation de la fréquentation depuis la fin août.
Selon les syndicats de transporteurs routiers le peu d'intérêt pour cette liaison de ferroutage s'explique par un nombre de navettes insuffisant et une différence de coût très faible par rapport à la route.
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