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Jeudi 12 Février 2004
Colombie : Fronde parlementaire autour de la venue d’Alvaro Uribe à Strasbourg
[Fenêtre sur l'Europe]


« La visite d’Alvaro Uribe au Parlement est inopportune. Il y a trop de questions en suspens sur les violations de droits de l'homme et la stratégie de Uribe pour la solution des conflits en Colombie, a dénoncé Monica Frassoni, coprésidente du Groupe des Verts/ALE. La paix et la justice dans ce pays ne peuvent pas être réalisées par des mesures qui remettent en question les garanties constitutionnelles. » Une position reprise à l’identique par les groupes de la Gauche unitaire (GUE/NGL) et les libéraux (ELDR), opposés à la venue du président colombien.

Cœur de la polémique, le refus d’Alvaro Uribe de mettre en place les recommandations du bureau de Bogota de la haute commission des Nations unies, relatives au renforcement de la démocratie et de la justice sociale en Colombie. A titre d’exemples, le nouveau statut antiterroriste, la création d'une armée de paysans et d'un réseau d'informateurs et le refus de négocier un accord humanitaire avec les guérilleros, contreviendraient directement aux engagements signés, l’an dernier, par le président colombien, dans le cadre de la Déclaration de Londres. Selon l’eurodéputé Alain Lipietz, « la stratégie du Président Uribe est de s'engager sur des bases purement militaires avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), quand parallèlement il reste indulgent avec les paramilitaires qui sont pourtant responsables, selon les ONG internationales de droits de l'homme, de 80 % des violations des droits humains.» Et l’eurodéputé français de conclure : « Le gouvernement devrait s'engager sans délai dans l'ouverture de négociations pour un accord de droit humanitaire. C'est un pas nécessaire pour la libération des otages, la protection de la population civile et un élément essentiel vers une solution négociée du conflit armé. Il n'y a pas d'autres moyens pour mettre un terme à la souffrance de la majorité de la population colombienne ».

Bien que cette solution politique au conflit pourrait mettre fin à plusieurs années de terreur et faciliter la libération des 3000 personnes encore détenues dans ce pays, dont l’ancienne candidate à la présidence colombienne, Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC il y a deux ans, Alvoro Uribe n’entend pas suivre cette voie, réaffirmant qu’il « ne faut pas mettre sur un pied d'égalité les prisonniers des FARC et ceux qui ont commis des actes terroristes » et que la situation des « personnes séquestrées » (par les FARC, ndlr) étaient assimilable aux « camps de concentration de Hitler ». Les partis socialiste (PSE) et populaire (PPE) européens qui voyaient en cette occasion la possibilité de pousser le président colombien à revoir certaines de ses positions sauront au moins à quoi s’attendre en cas de nouvelle invitation. CN.






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