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Vendredi 12 Décembre 2003
Suisse : avec Christophe Blocher la droite populiste se renforce au gouvernement
[Fenêtre sur l'Europe]



C'est un véritable succès, dépassant tous les sondages, que l'Union démocratique du centre (UDC-droite populiste) avait remporté aux élections législatives suisses du 19 octobre dernier. Elle est ainsi devenue, avec 55 députés au Conseil national, la chambre basse du Parlement, et 27% des voix, le premier parti suisse. L'accession le 10 décembre de son leader le milliardaire Christophe Blocher, au Conseil fédéral met fin à la "formule magique" qui depuis 1959 permettait de gouverner consensuellement au centre

Menant une campagne carrément antieuropéenne et aux forts relents xénophobes. l'UDC avait réussi à recueillir les suffrages d'une bonne partie des suisses réellement préoccupés par le déclin économique du pays, les pertes d'emploi et l'immigration. Sa progression s'était faite au détriment des deux partis de la droite classique, le parti radical démocratique (PRD), 36 sièges, et le parti démocrate chrétien (PDC), 28 sièges, qui perdant 7% des voix ne rassemblent plus que 64 sièges. Le parti socialiste s'en sortait bien avec 24,4% des voix et 52 sièges soit un siège supplémentaire. Les Verts obtenaient 13 députés soit 4 de plus.

Le soir même de l'élection, Christophe Blocher, revendiquait un poste supplémentaire (pour lui-même) au sein du Conseil fédéral. Or depuis 1959 les portefeuilles ministériels étaient répartis selon une coalition quadriparite dite "formule magique" comprenant deux sièges pour le PS, le PDR et le PDC et un seul siège pour l'UDC. En étant élu, mercredi au Conseil fédéral et en portant à deux le nombre des membres de son parti au sein de ce Conseil, Christophe Blocher a rompu avec la formule magique de cohabitation vieille de près de cinquante ans. L'élection de Christophe Blocher s'est faite au détriment de la ministre de la Justice et de la Police, la démocrate chrétienne Ruth Metzler. C'est la première fois depuis 1872 qu'un ministre en exercice soit contraint de quitter son poste. Les portefeuilles ne seront attribués que le 15 janvier mais Christophe Blocher a laissé entendre qu'il revendiquait le poste de ministre de l'Economie et des Finances.

Certes Christophe Blocher n'est qu'un des sept membres du Conseil fédéral, mais certains s'inquiètent de son pouvoir d'influence et de la politique du parti qu'il préside dont le programme est basé sur le refus de l'Europe, une politique de l'immigration plus restrictive et une baisse des impôts.












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