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Mercredi 03 Décembre 2003
Environnement : la Russie pourrait ne pas ratifier Kyoto
[Fenêtre sur l'Europe]
Selon un conseiller de Vladimir Poutine, la Russie ne ratifiera pas le protocole de Kyoto visant à lutter contre le changement climatique car il impose de trop fortes contraintes à la croissance économique du pays. Un coup d’éclat pas tellement pris au sérieux par les participants à la conférence de l’ONU sur le climat. Il pourrait s’agir d’une pression russe devant les revendications de l’Union européenne pour l’adhésion de la Russie à l’OMC.
Au moment où se tient actuellement à Milan la conférence des Nations-Unies sur le climat, la déclaration d’Andréi Illarionov, conseiller économique du président Poutine, a jeté un coup de froid . Au terme d’une rencontre du président russe avec des industriels européens, le conseiller a en effet déclaré que « Dans sa forme actuelle, le protocole de Kyoto ne peut être ratifié.» soulignant que l’application des mesures du protocole freinerait la croissance économique du pays et le pénaliserait par rapport aux Etats-Unis, qui ont rejeté ce protocole en 2001, et à la Chine qui ne fait pas partie des pays développés assujettis à ce texte.
Si cette menace était mise en exécution elle empêcherait le protocole d’entrer en vigueur. En effet, un seuil de pays représentant 55% des émissions mondiales est requis pour son application. Depuis le rejet du texte par les Etats-Unis qui représentent 36% de ces émissions, tous les espoirs reposent maintenant sur la Russie avec 17,4 % du total.
En fait, les 4000 participants à la conférence de l’ONU sur le climat qui se tient actuellement à Milan restent optimistes. Cela fait déjà quelques mois que le président Poutine hésite. Les contextes intérieur et international expliquent sans doute la position du président russe. Alors que les milieux économiques sont très favorables au protocole, la classe politique est divisée sur le sujet. Vladimir Poutine veut sans doute, dès lors, attendre que les élections législatives du week-end prochain voire la présidentielle de mars 2004, soient passées pour donner son feu vert. Le président russe se montre, par ailleurs, mécontent des exigences de l’Union européenne pour l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). La menace du conseiller économique du président pourrait dès lors constituer une mise en position de force pour négocier.
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