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Vendredi 28 Novembre 2003
France : les étudiants se mobilisent contre l'harmonisation européenne des diplômes
[Fenêtre sur l'Europe]


Les étudiants de dix-sept universités françaises s'opposent à la réforme " licence-master-doctorat " (LMD) visant à appliquer dans l'Hexagone le processus d'harmonisation européenne des diplômes. Selon l'UNEF, principale organisation étudiante classée à gauche, cette réforme menace le caractère national des diplômes et constitue une attaque contre des " acquis ". L'ESIB , l'association des Unions nationales des Etudiants en Europe, soutient le mouvement. A l'inverse, d'autres organisations comme la Fédération des associations générales étudiantes et l'UNI plaident pour la mise en place de la réforme LMD qui permettra une reconnaissance réciproque des diplômes nationaux dans toutes les universités européennes.

Depuis plusieurs jours, des dizaines de milliers d'étudiants se mobilisent contre la mise en place de la réforme " licence-master-doctorat " (LMD), la version française de l'harmonisation européenne des diplômes.

Ce processus, décidé en 1998 par les ministres de l'Education des quinze Etats membres de l'Union européenne, a été lancé en France par Claude Allègre, à l'époque ministre chargé du dossier, poursuivi par Jack Lang et aujourd'hui par l'actuel ministre Luc Ferry. Il vise à articuler les cursus autour de trois diplômes : la licence (bac +3), le master (bac +5) et le doctorat (bac +8). Trois niveaux de sortie qui devraient permettre d'accroître la lisibilité des parcours universitaires et de faciliter la mobilité étudiante en Europe en offrant à chacun la possibilité de poursuivre ses études dans une université européenne et d'obtenir un diplôme reconnu dans toute l'UE.

Souhaitable dans l'absolu, le système LMD, déjà mis en place dans une quinzaine d'universités françaises, suscite cependant le mécontentement de plusieurs milliers d'étudiants menés par le syndicat UNEF, majoritaire et classé à gauche. L'Union nationale des étudiants de France dénonce " la remise en cause de la valeur des diplômes " nationaux et de " l'égalité entre étudiants ". L'organisation critique tout particulièrement les conditions d'application de la réforme qui laisse une certaine liberté aux universités dans la mise en place du système : le ministère leur demande simplement de proposer des formations " cohérentes ". Une autre inquiétude des détracteurs du LMD concerne la sélection pour le master. Jusqu'ici, la sélection pour intégrer un troisième cycle (bac +5) s'opérait à la fin de la quatrième année. Or, les étudiants ignorent pour l'heure si cette sélection se fera désormais au niveau +3 ou +4.

Le nouveau système obtient en revanche l'approbation d'autres syndicats étudiants, comme l'UNI, classé à droite, ou encore la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). Pour ceux-ci, le LMD est une " chance " qui permettra à la France de se doter d'un modèle universitaire tourné vers l'Europe et le monde du travail. Il permettra en outre aux étudiants de poursuivre leurs études dans toutes les universités européennes. Une opinion que ne démentent pas les politiques. Pour Claude Allègre, initiateur de la réforme, il ne s'agit pas " d'uniformiser " les diplômes mais bien " d'harmoniser ". L'ancien ministre français de l'Education affirme que le nouveau système ne fera pas disparaître les diplômes nationaux existants qui, au contraire, " sortiront renforcés de ce processus ".

Quant à Luc Ferry, ministre actuellement chargé du dossier, il estime que le LMD sera de plus " un moyen d'attirer les étudiants étrangers chez nous avec des diplômes plus lisibles ". Un moyen, en somme, de concurrencer les Etats-Unis dans le domaine de la formation universitaire.





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