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Mardi 21 Octobre 2003
Défense européenne : les américains inquiets des tractations des européens et de.... Tony Blair
[Fenêtre sur l'Europe]
Depuis le sommet tripartite ( Allemagne, France, Grande-Bretagne) du 20 septembre à Berlin, les américains s'inquiètent d'autant plus du ralliement de Tony Blair à l'idée de "coopérations structurées" en matière de défense que le premier ministre anglais a réitéré son engagement en marge dernier du sommet européen de Bruxelles. Ils ont été quelque peu rassurés hier lors d'une réunion à huit clos des ambassadeurs de l'OTAN qu'ils avaient eux-mêmes convoquée.
Que l'Allemagne et la France avancent de concert avec la Belgique sur l'idée de coopération renforcée en matière de défense et envisagent la création d'un quartier général indépendant de l'OTAN passe encore. Mais que Tony Blair se rapproche de ces idées les poussent hors de leurs gonds jusqu'à provoquer en plein sommet européen de Bruxelles une réunion le lundi 20 octobre des ambassadeurs de l'OTAN aux fins d'explications "claires et franches" de leurs alliés!
Tony Blair serait devenu trop europhile selon Washington. Le premier ministre anglais a en effet, lors de la rencontre triangulaire (Allemagne, France, Grande-Bretagne) tenue à Berlin le 20 septembre dernier, donné son accord de principe sur la nécessité de planifier et de conduire efficacement les opérations de l'Union européenne qui se font sans recours aux moyens de l'OTAN. Mais pour autant Blair s'est bien gardé de défendre l'idée d'un QG européen, il lui serait même hostile. En marge du sommet de Bruxelles une réunion de travail très significative s'est tenue sur les "coopérations structurées" entre Jacques Chirac, Gerhard Schröder, Guy Verhofstadt et ...Tony Blair. Ce dernier, en outre, répondant à une question sur la nécessité de créer une capacité de planification et de conduire des opérations militaires européennes, a confirmé l'engagement britannique précisant que si l'OTAN demeure la pierre angulaire de la défense de l'Europe, "il y aura des circonstances, comme c'est le cas en Macédoine, où les Etats-Unis ne voudront pas être impliqués. Dans ce cas il est important que l'Europe ait la capacité d'agir de façon indépendante."
On comprend que Tony Blair se faisant l'avocat d'une défense européenne autonome ait passablement agacé Washington. Pour le représentant des Etats-Unis auprès de l'OTAN, Nicholas Burns, certains projets européens en matière de défense représentent "la menace la plus significative pour l'avenir de l'OTAN". Il fallait donc, par une convocation urgente des ambassadeurs de l'OTAN, obtenir des partenaires européens des clarifications sur ce sujet qui fâche. Le tour de table organisé hier les aura sans doute rassurés chaque délégation rappelant son attachement à l'OTAN qui demeure "au coeur de la défense collective de l'Europe" Pour les européens d'ailleurs les projets actuels n'entrent aucunement en concurrence avec l'OTAN, bien au contraire ils en sont complémentaires. Quant à Tony Blair il avait déjà assuré à Bruxelles qu'il ne ferait rien qui puisse nuire à l'OTAN.
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