Le Centre commun de recherche de la Commission et le Deutsches Krebsforschungszentrum seraient sur le point de valider un traitement innovant en matière de lutte contre le cancer. Selon des essais cliniques présentées à Heidelberg, des radio-isotopes émetteurs de particules alpha seraient capables de détruire les cellules cancéreuses et faire de la radio-immunothérapie alpha une thérapeutique efficace au cours des prochaines années et offrir de nouveaux moyens de guérison aux patients.
Soutenus par la Commission, dans le cadre des programmes de lutte contre le cancer, les travaux pionniers du Deutsches Krebsforschungszentrum (DKFZ) et du Kantonspital de Bâle, s’annoncent prometteurs. Selon les essais cliniques, des radio-isotopes émetteurs de particules alpha seraient capables de détruire les cellules cancéreuses. D’un point de vue scientifique, l’étude montre qu’un vecteur spécifique des ces cellules (anticorps monoclonal ou peptide, par exemple) est couplé à un puissant radio-isotope qui, en se désintégrant, émet des particules capables d'anéantir directement ou indirectement toutes les cellules cancéreuses qu'elles rencontrent. Dès lors, et même si le commissaire à la Recherche, Philippe Busquin, se veut prudent, précisant que si
«les résultats des études précliniques et des premiers essais cliniques sont prometteurs, d'autres travaux sont nécessaires», les isotopes chercheurs à action destructrice devraient être utiles dans la lutte contre plusieurs cancers tels que la leucémie et le lymphome (affections hématologiques malignes), les carcinomes micrométastasiques intrapéritonéaux (ovarien, gastrique), le glioblastome et le traitement post-opératoire des gliomes, mélanomes, tumeurs du colon et myélomes, et le traitement palliatif de l'ascite maligne.
Les résultats récents des études cliniques faisant appel au bismuth-213 pour combattre la leucémie myéloïde aiguë et les premières évaluations de l'application directe de l'actinium-225 sont sans conteste encourageants. Alors que le premier de ces isotopes se désintègre en n'émettant qu'une seule particule alpha, le second possède une chaîne de désintégration à 4 particules alpha qui le rendrait beaucoup plus efficace, du moins lorsque la totalité de son potentiel sera exploitable. Aucune toxicité aiguë n'a par ailleurs été observée au niveau de dosage le plus élevé (de l'ordre de 100 mCi de Bi-213). Autre motif de satisfaction, cette percée devrait également ouvrir la voie à l'analyse d'autres émetteurs de particules alpha au stade clinique.
Parallèlement, d'autres études consacrées au traitement du mélanome par injection locale d'un anticorps conjugué à du Bi-213 stimulent la connaissance scientifique, et plusieurs hypothèses relatives aux mécanismes de l'action destructrice des particules alpha peuvent donc être validées, a annoncé la Commission, qui souhaite encourager la mise en place de coopérations multidisciplinaires entre les meilleures équipes européennes afin de développer cette approche novatrice. L'utilisation d'isotopes émetteurs de particules alpha extrêmement radiotoxiques n'étant pour l’instant pas une pratique hospitalière courante des exigences strictes devront néanmoins être respectées pour que cette technique puisse être appliquée à grande échelle.
L’enjeu de ces travaux est sans équivoque et suscite des espoirs non dissimulés, le développement de la génomique et de la protéomique de pointe devant permettre de mieux comprendre les processus qui gouvernent l'application des émetteurs alpha et autres radio-isotopes. Selon un porte parole de la Commission,
«cette connaissance détaillée aidera non seulement à combattre le cancer, mais aussi à comprendre comment l'exposition à de faibles doses de radiations affecte les caractéristiques génétiques de l'Homme». Et d’ajouter:
«L'espoir est d'arriver, à terme, à concevoir des médicaments ou des traitements "personnalisés" en étudiant les spécificités de certaines affections et leur expression génétique».
Liens
Institute for Transuranium Elements:
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http://itu.jrc.cec.eu.int