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Actualité

Lundi 04 Septembre 2000
Pologne : Solidarité a 20 ans
[Fenêtre sur l'Europe]


La Pologne a fêté, le 31 août, le vingtième anniversaire de Solidarité dont le rôle a été capital dans la chute du communisme à l'Est. Comme le dit, dans Le Monde du 1er septembre Adam Michnik, un des fondateurs de Solidarité et directeur de Gazeta Wyborcza, "Il y a vingt ans, il y a eu en Pologne un miracle. La révolte des ouvriers a provoqué une grève générale qui a paralysé l'Etat. Les revendications économiques ont fait naître un postulat : la nécessité des syndicats libres." Il s'en est suivi un accord selon lequel pour la première fois dans un Etat communiste était créée une structure indépendante, le syndicat Solidarité, pour la défense de la liberté contre la dictature communiste.

Vingt ans après, le pays se retrouve en campagne électorale pour la présidentielle du 8 octobre prochain dans une situation politique pour le moins curieuse. L'actuel chef de Solidarité Marian Krzaklewski et Lech Walesa, ancien dirigeant lui aussi et ancien président de la République, se retrouvent tous les deux candidats sans aucune chance de l'emporter face à l'actuel président Kwasniewski un ancien communiste.

Pour Bronislaw Geremek, un des principaux conseiller de Lech Walesa, historien et ancien ministre des Affaires étrangères, interrogé dans le Figaro du 31 août, il reste en héritage des idéaux d'août 1980 "Une Pologne qui a retrouvé sa place dans l'espace européen. Il reste un attachement à la liberté. C'est beaucoup moins vrai pour ce qui concerne la solidarité. Mais si l'Europe n'est plus divisée en deux camps c'est en partie grâce à Solidarnosc".

Face à la situation actuelle qui voit le parti SLD (socialistes ex-communistes) crédité de 40% d'intentions de vote contre 25% pour les partis issus de Solidarité, Bronislaw Geremek répond " Le SLD profite du mécontentement social qu'a entraîné la transition vers le capitalisme. Mais mon camp a également commis des erreurs. Nous n'avons pas su sauvegarder la mémoire du passé. Nous n'avons pas su convaincre et garder un contact chaleureux avec la société. Nous n'avons pas su expliquer l'enjeu de ces transformations auxquelles nous procédons depuis dix ans".

Adam Michnik lui répond comme en écho dans Le Monde, précisant qu'en "écoutant parler Alexandre Kwasniewski, les mousquetaires de solidarité devraient être fiers, car cet homme ex-communiste parle le langage de leurs propres valeurs : indépendance, démocratie parlementaire, droits de l'homme, Union européenne et économie de marché. C'est un succès auquel nous ne nous attendions pas. Mais un vrai succès".


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