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Lundi 11 Septembre 2000
UE : vers la fin de la quarantaine de l'Autriche.
[Fenêtre sur l'Europe]
Les trois sages chargés d'apprécier le respect des valeurs européennes essentielles par la coalition au pouvoir en Autriche ont remis, le vendredi 8 septembre, leur rapport à Jacques Chirac, en sa qualité de président du Conseil européen. Celui-ci a été transmis sans commentaire aux Quatorze pays appliquant des sanctions contre Vienne et des consultations sont déjà en cours pour examiner la suite à donner à ce rapport.
Dans leurs conclusions les trois sages recommandent la levée des sanctions européennes. Ils affichent en effet leur "conviction que le gouvernement autrichien est respectueux des valeurs communes européennes", et ils précisent même que " Le degré de considération du gouvernement autrichien accordé, notamment, aux droits des minorités, des réfugiés et des immigrants, n'est pas inférieur à celui des autres Etats membres de l'Union européenne". Aussi recommandent-ils la levée des sanctions car le maintien de la quarantaine "serait contre productif". Les sages constatent en effet que "Les mesures sont déjà à l'origine de sentiments nationalistes dans le pays, pour avoir été interprétées incorrectement, dans certains cas , comme étant des sanctions dirigées contre le citoyen autrichien".
Le rapport acccorde donc un certificat de bonne conduite à la coalition du chancelier Wolfrang Schüssel. Il est beaucoup moins tendre envers le parti de Jörg Haider, le FPÖ, qu'il qualifie de parti populiste et qu'il accuse d'avoir "utilisé et encouragé les sentiments de xénophobie au cours des campagnes. Cela a créé une atmosphère dans laquelle les remarques publiques dirigées contre les étrangers sont devenues acceptables engendrant des sentiments de peur".
Les sages reconnaissent que l'épisode autrichien a renforcé la prise de conscience de l'importance des valeurs communes européennes. Aussi proposent-ils à l'Union européenne de se doter de nouveaux instruments "de surveillance et d'évaluation de l'engagement et du comportement de chaque état membre individuellement dans le cadre des valeurs européennes communes". Ils suggèrent de renforcer l'article 7 du traité en y inscrivant des procédures de prévention et de supervision de façon à éviter de se trouver à nouveau dans une situation identique notamment dans la perspective des futurs élargissements à des pays dont les structures démocratiques ne sont pas encore bien solides.
Si l'on en juge par les commentaires favorables de divers horizons, la situation devrait évoluer assez rapidement pour être avalisée au sommet de Biarritz. Mais la levée des sanctions pourrait être décidée avant le 28 septembre date du référendum danois sur l'euro. L'opinion publique de ce pays avait dès le départ très mal pris le traitement infligé aux autrichiens qu'elle avait interprêté comme une ingérence de l'Europe et dont on peut craindre des retombées sur le prochain vote.
Dans un communiqué de presse du 11 septembre, le président de la fédération internationale "SOS-Racisme" et député européen "Bouge l'Europe", Fodé Sylla réclame, quant à lui, une commission d'enquête parlementaire sur l'Autriche "Je proposerai donc au Parlement européen de constituer une commission d'enquête parlementaire pluraliste sur l'Autriche. L'Europe ne peut passer sous silence la politique développée actuellement en Autriche contre les droits syndicaux, la place des femmes, le statut des étrangers et la culture " précise notamment le député dans son communiqué.
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