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Croissance européenne: une certaine prudence s’instaure. Les incertitudes résultant des crises asiatiques et russes ont conduit les responsables économiques, financiers ou politiques à tempérer quelque peu l’enthousiasme affiché précédemment sur la croissance en Europe. Les chiffres publiés le 22 septembre par Eurostat montrent d’ailleurs clairement un certain ralentissement de la croissance européenne dès le deuxième trimestre 1998. Selon l’institut statistique de la Communauté, la croissance du produit intérieur brut (PIB) n’a été que de 0,2% entre le premier et le deuxième trimestre 1998 ; elle avait été de 0,6% entre le dernier trimestre 1997 et les trois premiers mois de 1998. Deux pays de l’Euroland subissent particulièrement cette inflexion : l’Allemagne dont la croissance a été moins forte au deuxième trimestre et surtout l’Italie où la croissance accuse une panne consécutive à la rigueur budgétaire adoptée pour le passage à l’euro. Devant la commission monétaire du Parlement européen le président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, a invité cependant à ne pas paniquer précisant que « nous ne nous attendons pas à une récession mais les évènements dans la zone euro auront un effet ralentisseur de croissance ». Il a aussi souligné que la BCE ne reviserait pas ses prévisions de croissance de façon significative « auparavant on tablait sur 3% ou plus, maintenant on est à quelques décimales de moins ». Devant la même instance le commissaire européen chargé des affaires monétaires, Yves Thibault de Silguy, se montrait moins optimiste que par le passé : « la succession et l’accumulation des crises sont préoccupantes car elles sont sources d’incertitude ». Pour le commissaire les « domaines d’incertitudes sont au nombre de trois : le niveau du dollar qui s’est déprécié de 8% en un mois ...la volatibilité des marchés boursiers.. et les effets sur le commerce international ». Mais Yves Thibault de Silguy ne panique pas lui non plus : « L’activité économique devrait atteindre 2,8% cette année et se maintenir à un niveau soutenu en 1999 ». Dans une longue interview au Figaro publiée le 23 septembre le directeur du Fonds monétaire international (FMI) Michel Camdessus précise quant à lui que « l’Europe est en train de consolider sa reprise ». Seule touche plus pessimiste dans ce concert, celle de Marc Laffineur, député du Maine et Loire, pour qui, selon un article publié le 23 septembre dans la rubrique Opinons du Figaro, : « Il faut avoir le courage de dire que la France et l’Europe ne seront pas épargnées par la tourmente internationale, même si la zone euro ne ressentira pas ses conséquences avec la même acuité ».
L’Europe doit poursuivre ses efforts de réduction des déficits publics. Plusieurs voix autorisées se sont prononcées sur la nécessité, pour les pays européens de poursuivre, dans ce contexte de croissance, leurs efforts de réduction des déficits budgétaires. C’est ainsi Michel Camdessus, qui dans l’interview précitée, regrette que « l’effort de consolidation budgétaire pour 1998 et 1999 a été trop timide, à peu près partout en Europe. Cela ne pourrait se justifier que si la conjoncture se dégradait plus que nous le pensons ». Dans le même temps le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, déclarait à Lyon que « tous les pays européens doivent maintenir leurs efforts, en particulier dans le domaine budgétaire, parce que le ratio de dette publique rapporté au produit intérieur brut reste élevé dans certains pays, malgré une récente diminution ». Ces propos viennent appuyer ceux d’Yves Thibault de Silguy qui déclarait devant la commission monétaire du Parlement européen « L’Europe doit poursuivre ses efforts de réduction des déficits publics stucturels- c’est à dire corrigés des variations dues à l’amélioration de la conjoncture- qui stagnent dans la zone euro aux alentours de 2% en 1998 et probablement encore au même niveau en 1999 ».
Un projet européen de réforme du système financier mondial ? Si Tony Blair a appelé le lundi 21 septembre, pour éviter la propagation des crises financières, à une réforme du système financier international, c’est la France qui, cette semaine, a tenu la vedette dans ce domaine. Elle a, en effet, lancé une vaste offensive pour présenter ses vues sur la crise mondiale et proposer des remèdes pour tenter de la surmonter. C’est ainsi que Jacques Chirac a écrit à ses homologues du G7 pour les inviter à « bâtir un « nouveau Bretton Woods ».. ». Selon le Président, le renforcement de la stabilité du système financier international est pour la France une priorité. Pour lui le « FMI doit demeurer le centre du dispositif » mais « Il faut lui donner de manière urgente les ressources financières dont il a besoin ». Jacques Chirac propose à ses partenaires de réunir « le moment venu les chefs d’Etats et de gouvernement des pays membres titulaires et suppléants du comité intérimaire du FMI pour consolider le système financier mondial » et de préciser ensuite que « La France serait honorée d’accueillir une telle réunion ». Parallèlement et d’un commun accord entre les deux « exécutifs », le gouvernement français rendait publiques « douze propositions pour une initiative européenne face à la crise ». Ces propositions ont été soumises, les 25 et 26 septembre au Conseil de l’Euro, rassemblant les ministres des finances des Onze, puis ensuite au Conseil Ecofin, regroupant les Quinze, aux fins d’obtenir une position commune. Cette position commune serait ensuite défendue début octobre à Washington lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Parmi les propositions françaises on relève l’incitation faite à l’Europe d’agir en tant que grande puissance pour apporter sa contribution à l’élargissementde la zone de stabilité et de croissance qu’elle est devenue. Pour cela elle pourrait associer au SME d’autres pays européens dont, sous certaines formes à définir, les pays d’Europe centrale et orientale. La contribution européenne au soutien de la croissance pourrait être améliorée par une coordination des politiques économiques certes au sein de la zone euro, mais aussi avec les Etats-Unis et le Japon. La France fait aussi un certain nombre de propositions de réforme du FMI. Il convient d’abord de le doter d’un véritable gouvernement politique. Pour ce faire le Comité intérimaire serait transformé en véritable Conseil du FMI ayant pouvoir de décision et doté de ses propres règles de vote. Paris insiste aussi sur la nécessité de reconstituer la capacité d’intervention financière du FMI par une augmentation de ses ressources. Le projet français propose également d’instaurer au niveau mondial, pour les mouvements de capitaux, le système de clause de sauvegarde prévu par l’article 73 F du traité de Maastricht. Sans condamner la libéralisation des mouvements de capitaux qui a été globalement favorable pour le financement des pays émergents, le mémorandum suggère qu’un pays qui avait précédemment libéralisé ses mouvements de capitaux puisse, en liaison avec le FMI, au moyen de la « clause de sauvegarde financière » isoler provisoirement son marché.
Quel porte-parole pour l’Euro ? Dominique Strauss-Kahn a déclaré le 22 septembre qu’il entendait faire des propositions à ce sujet lors du prochain Conseil de l’euro précisant « je tiens beaucoup à ce que l’expression externe de l’euro soit discutée à onze, concertée, mais ensuite exprimée par un porte-parole tournant qui probablement doit venir d’un pays ayant le plus de pratique dans cette matière ». Une telle proposition laisse entendre que cette fonction devrait être assumée à tour de rôle par les trois pays, membres de la monnaie unique, qui siègent au G7, soit l’Allemagne, la France et l’Italie. Le quatrième membre européen du G7, la Grande-Bretagne, n’a pour le moment pas adopté l’euro. Cette proposition semble difficilement acceptable pour les autres pays. Dès lors pourquoi ne pas confier une telle représentation à la présidence du Conseil de l’Euro ou à la Commission ?
La reine d’Angleterre bannie d’euro ! Une émotion surprenante a été soulevée ces derniers jours auprès des citoyens de sa Majesté à l’annonce officielle (mais prévue depuis plusieurs mois) que les billets en euro ne comprendraient aucun signe national. Ainsi la reine d’Angleterre n’aura pas son effigie sur les futurs billets européens. Inacceptable disent nos voisins d’outre-manche qui, cela dit en passant, ne feront sans doute pas partie de l’Euroland avant 2003 ! Les journaux fustigent l’arrogance de la Banque centrale européenne et les anti européens crient à la trahison. La panique serait générale. L’historien de la Constitution David Starkey se demande même si les anglais ne devront pas non plus « bientôt renoncer à l’effigie de la reine sur les timbres postes ? ». Tiens on n’y avait pas pensé ! Heureusement, que dans ce contexte de déprime, le Trésor britannique a rappelé que l’effigie de la reine pourra figurer sur les pièces de monnaie dont une face conservera un caractère national.
Routiers : la négociation échoue ! Les partenaires sociaux devaient se retrouver le 18 septembre pour tenter de signer un accord sur le temps de travail (durée et contenu) des routiers européens. On se souvient que ceux-ci avaient « appuyé » les négociations par une mobilisation européenne le 8 septembre dernier (cf. actualité du 14/9). Ces négociations pourtant bien avancées ont échoué au grand dam des syndicalistes et même des commisaires européens en charge du dossier. L’échec est imputé aux employeurs qui, selon le secrétaire général de la Fédération syndicale des transports de l’Union européenne, Romano Vivarelli : « veulent une harmonisation sociale par le bas ». Le désaccord porte principalement sur trois points. Les employeurs voulaient des dérogations supplémentaires qui auraient pour effet de vider l’accord de toute substance. Ensuite ceux-ci exigeaient qu’une clause précise que les pays ayant une législation nationale plus favorable y renoncent pour appliquer la norme commune. Enfin aucun accord n’a pu être conclu sur la définition du temps de travail. Un nouveau rendez-vous est pris pour le 30 septembre pour tenter de trouver un accord, qui il faut le rappeler, selon le protocole social du traité de Maastricht, aurait force de loi. En cas d’échec la Commission présentera ses propres propositions.
Réunion du Congrès pour Amsterdam en décembre ?. Jacques Chirac et Lionel Jospin seraient tous les deux favorables à une réunion du Congrès en vue du processus de ratification du traité d’Amsterdam le plus rapidement possible. Celle-ci pourrait se tenir en décembre plutôt qu’en janvier 1999.
L’euro reçoit un concert de louanges. Tout au long de ces derniers jours les déclarations élogieuses sur les vertus stabilisatrices de l’euro se sont multipliées tous azimuts. C’est par exemple Théo Waigel, le ministre des finances allemand qui affirme le 14 septembre dans le Figaro que : « L’euro arrive au bon moment. L’Europe est un pôle de stabilité, y compris sur l’arrière plan actuel des marchés financiers mondiaux. L’euro est une protection essentielle qui empêche les économies européennes d’être entraînées dans le tourbillon économique et monétaire. Sans lui, l’une ou l’autre des monnaies européennes aurait déjà été touchée par les séquelles des crises asiatiques et russes ». C’est également son compatriote, le vice-président de la Bundesbank, Jürgen Stark, qui ne se manifeste pas pourtant comme un « européen béat », qui lui aussi souligne que : « Alors que dans de nombreuses régions du monde nous observons des crises, la future zone euro s’est avérée être jusqu’à présent un pôle de stabilité et, pour les investisseurs, un havre de paix ». Même le président de la Buba, Hans Tietmeyer, y va de ses éloges quand il déclare que : « L’Europe a jusqu’à présent réussi le test des marchés ». On savait que notre ministre des finances était également dans le même état d’esprit vis à vis de l’euro. Lors d’une rencontre bilatérale avec son homologue belge, Jean-Jacques Viseur, Dominique Strauss-Kahn a repris son image favorite en rappelant que : « L’euro constitue pour l’Europe un bouclier qui a bien tenu dans cette crise » tandis que son confrère belge constatait que : « Le mark finlandais n’a pas bougé en dépit des relations commerciales que la Finlande entretient avec la Russie. A l’inverse la couronne danoise qui n’avait aucune raison mécanique de s’affaiblir est en difficulté. La raison en est que que la couronne danoise, contrairement au mark finlandais, ne fera pas partie de l’euro. » CQFD ! Ce n’est pourtant pas l’avis de Charles Pasqua qui a tenu à apporter une note discordante à ce concert. Au cours du premier forum de Demain la France il a battu en brèche les vertus protectrices prêtées à la monnaie unique en déclarant : « Il serait bon qu’on se garde à droite comme à gauche, de parer l’euro de toutes les vertus thaumaturges. La croyance aveugle dans l’euro me rappelle exactement la vénération qui entourait la ligne Maginot. Vous n’auriez pas trouvé un homme politique français en 1938 pour douter de l’invincibilité qu’elle nous garantissait. Seul le jeune colonel de Gaulle s’époumonait en pure perte ». Certes ...mais que de chemin accompli depuis quelques années. Il n’est que de se rappeler les désastres causés par les dévaluations de plusieurs monnaies européennes lors des dernières crises de 1992 et 1995.
Mais l’euro n’est pas représenté à l’extérieur ! Alors que l’euro s’apprête à devenir dans moins de 4 mois la monnaie unique de l’Euroland, avec toutes les vertus dont on vient de la parer, un vrai casse-tête se présente aux gouvernements de la zone : comment et par qui la repésenter à l’extérieur et notamment dans les instances internationales que sont le G7, le FMI ou l’OCDE. L’exemple du G7 finance est caractéristique. Ce « cénacle » financier qui surveille et essaie d’orienter les mouvements des monnaies internationales, rassemble les ministres des finances, les directeurs du trésor et les gouverneurs des banques centrales des Etats-unis, du Canada, du Japon, ainsi que pour l’Europe, de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Italie. Ces trois derniers pays peuvent-ils légitimement représenter leurs huit autres partenaires ? La logique voudrait que après la mise en place de l’Union monétaire celle-ci soit représentée par le président en exercice de l’euro-11, le président de la Banque centrale européenne et le commissaire européen chargé des questions monétaires. Cette solution on s’en doute dérange beaucoup d’habitudes et de privilèges et fait l’objet d’une grande opposition. Il faudrait en effet que l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie se retirent ; à moins que l’on augmente le nombre des participants (21 actuellement) mais ce serait sans doute faire la part trop belle aux européens. La solution serait alors de demander aux banquiers centraux allemands, français et italiens, qui à partir du 1er janvier n’auront plus de pouvoir monétaire « individuel », de se retirer. De belles discussions en perspective !
Pierre Moscovici ouvert à une révision des contributions nationales au budget européen. Dans son interview au Figaro du 14 septembre dernier, Théo Waigel s’était également exprimé sur la contribution des Etats au budget européen déclarant : « Voilà des années que j’ai attiré l’attention sur la position de gros contributeur net de l’Allemagne. En 1994 déjà, le Conseil européen de Fontainebleau a adopté sous la pression de l’Allemagne la décision suivante : « Tous les Etats qui sont excessivement mis à contribution, ont droit à une correction de leur quote part ». Voilà des années que l’Allemagne paie plus de 60% des transferts nets de la Communauté tandis que d’autres Etats également fortunés assument des charges nettes incontestablement moins lourdes. Il va falloir corriger cela dans le cadre des prochaines négociations sur le cadre financier de l’Agenda 2000 ». Ce message semble avoir été entendu par notre ministre délégué aux affaires européennes, Pierre Moscovici. Le 15 septembre, en effet, il prévenait les députés socialistes que la France devrait sans doute augmenter sa contribution financière à l’Union européenne. Selon Pierre Moscovici : « Chacun perçoit avec netteté en Europe notre situation de seul grand pays de l’Union à ne pas être contributeur net dans des proportions significatives au budget européen...Cette position n’est plus tenable. Nous sommes dans une situation où notre contribution nette au budget de l’Union est de 300 millions d’euros, quand celle de l’Allemagne avoisine les 11milliards d’euros soit un rapport de 1 à 37 ». Le lendemain, 15 septembre, dans une interview au Monde, le ministre délégué aux affaires européennes précisait sa position et, surtout, présentait sa vision future sur le financement du budget européen. Selon lui : « Le prochain « paquet Santer » - l’Agenda 2000 - doit se jouer dans le cadre financier des 1,27% du PIB. Il nous faut en effet continuer d’avoir une maîtrise très rigoureuse des finances publiques. Dans la période concernée, 2000-2006, l’Europe continuera, pour l’essentiel de fonctionner à Quinze. Notre objectif est d’arriver entre les Quinze à une solution équilibrée qui permette de traiter les problèmes sans remettre en cause les politiques communes et le système de ressources propres ». Concernant la possibilité d’augmenter le budget au delà de la limite de 1,27% du PIB communautaire, Pierre Moscovici poursuit : « Quand j’évoque cette perspective je songe à une autre Europe, plus nombreuse, dotée d’une autre vision de son avenir. Il faudra bien un jour se poser la question de savoir si une Europe qui veut se structurer dans le domaine économique, qui veut intervenir dans le domaine de la culture, de l’éducation n’aura pas besoin d’un budget plus important. Pourquoi ne disposerait-elle pas, à terme de ressources différentes, d’un impôt européen ? Mais ce sera pour après 2006 ».
L’Autriche prépare-t-elle la mise en place d’un Conseil européen de la défense ? En convoquant, en tant que présidente de l’Union européenne, une « conférence » des ministres de la Défense à Vienne les 3 et 4 novembre prochains, l’Autriche, pays neutre, a quelque peu surpris le monde diplomatique. Par cette initiative elle s’attaque au monopole solidement établi des chefs de la diplomatie sur les dossiers sécuritaires : ceux-ci étaient jusqu’à présent traités par les ministres des affaires étrangères. Certes il n’est pas question (pour le moment) de les en déposséder, les ministres sont simplement invités à Vienne pour réfléchir à leur futur rôle européen dans le cadre de la mise en place du traité d’Amsterdam en ce qui concerne la défense commune. Mais une telle démarche ne saurait déplaire aux français. Tant Jacques Chirac que Lionel Jospin se sont prononcés au cours de l’été pour la création « le moment venu » d’un « Conseil des ministres de la Défense de l’U.E. ».
Les premières opérations en euros : le 4 janvier 1999. La Banque centale européenne vient de publier un document intitulé : « La politique monétaire en phase III : documentation générale sur les instruments et procédures de la politique monétaire du Système européen de banques centrales ». Ce document précise de façon détaillée les trois instruments de refinancement dont la BCE se servira : les opérations de refinancement courantes qui porteront sur une durée de 14 jours, les refinancements à plus long terme qui porteront eux sur 42, 70 et 105 jours et enfin les opérations de financement exceptionnelles auxquelles la BCE pourra recourir si elle l’estime opportun. A noter que la liste des titres que les banques pourront apporter en garantie sera publiée sur internet à partir d’octobre prochain. C’est le 4 janvier 1999 que la Banque centrale lancera sa première opération courante de refinancement.
Un budget 1999 sous influence européenne. Le Conseil des ministres a voté le 9 septembre le budget de la France pour 1999. Basé sur des prévisions de croissance de 3,1% pour 1998 (au lieu des 3% initialement prévus) et de 2,7% en 1999, ce budget permet à la fois de respecter les engagements européens en matière de déficit budgétaire mais il autorise aussi un certaine souplesse en matière de dépenses puisque celles-ci progresseront de 2,2% en valeur soit 1% en volume. En ce qui concerne les comptes publics « version Maastricht » (Etat, collectivités locales et régimes sociaux) les déficits publics seront ramenés à 2,9% en 1998 (contre 3% initialement prévus) et à 2,3% en 1999 soit en dessous de la limite de 3% imposée aux membres de l’euroland. Le budget 1999 se présente donc sous des auspices favorables ce qui fait regretter à certains que le gouvernement n’ait pas poussé plus loin la réduction du déficit pour se prémunir, comme y incite la pacte de stabilité, contre des retournements de conjoncture. Le président de la République a d’ailleurs au cours du Conseil rappelé la nécessité de réduire les dépenses de l’Etat et appelé à faire un meilleur usage des marges de manoeuvre offertes par le retour de la croissance. Il faut toutefois reconnaitre qu’après les efforts importants consentis par plusieurs pays pour rentrer dans le club de l’euro, ceux-ci éprouvent le besoin de souffler quelque peu d’autant plus que.le problème du chômage demeure toujours préoccupant. On se souvient de la position des « pays du sud », qui, avec la France, ont maintes fois affirmé, dans les différents instances européennes, que les fruits de la reprise de croissance devaient certes être consacrés à la poursuite de la réduction des déficits, mais qu’ils devaient aussi contribuer à la relance de l’activité nécessaire pour résorber le chômage. Aussi, s’il n’y a plus actuellement de raisons réelles de s’inquiéter de nouvelles dérives budgétaires, il est encore évident qu’il reste du chemin à faire pour les grands pays de l’euroland avant d’atteindre l’équilibre budgétaire préconisé par le Pacte de stabilité.
L’Union européenne définit (enfin) sa position vis à vis de la crise russe. Lors de leur réunion des 5 et 6 septembre à Salzbourg, les ministres des affaires étrangères des quinze ont adopté une déclaration commune qui contient implicitement un aveu d’échec des actions précédemment menées en Russie. Contrairement aux déclarations du président Clinton, lors de son récent voyage à Moscou, sur le modèle libéral américain, les européens on pris conscience de la limite des recettes purement libérales plaquées telles quelles à un pays comme la Russie. La déclaration commune reconnait que « les programmes existants des institutions financières internationales devraient être revus ». Elle rappelle la nécessité pour la Russie de poursuivre les réformes économiques, mais à son rythme, et de se doter également d’institutions transparentes et efficaces. Les quinze insistent sur l’importance primordiale de la cohésion sociale dans le pays. Dans l’immédiat il est essentiel que le premier ministre, M.Primakov, constitue son gouvernement et présente son programme. La « troïka » européenne qui comprend les ministres des affaires étrangères de l’Autriche, assumant actuellement la présidence de l’Union, de la Grande-Bretagne, ancienne présidente, et de l’Allemagne, future présidente, se rendra alors à Moscou pour évaluer la situation et apprécier les intentions du futur gouvernement. Une nouvelle réunion des quinze se tiendra ensuite pour déterminer les concours à apporter à un pays que l’Union européenne considère, selon la déclaration, comme « un partenaire vital ».
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans la tourmente russe. La BERD a été créée en 1991 pour aider les pays de l’ex-bloc soviétique à préparer leur passage au régime capitaliste. Elle a pour mission de soutenir financièrement des projets privés dans ces pays. La part de la Russie dans ces soutiens est loin d’être négligeable : selon le rapport annuel de cette institution pour 1997 ceux-ci représenteraient le quart des ses engagements. Aussi la BERD vient-elle d’annoncer que, compte tenu de la situation russe, son résultat passerait au rouge en 1998. Mais selon son vice président finance Steven Kaempfer : « Avec un capital de 20 milliards d’écus, la BERD dispose de moyens parfaitement adéquats pour soutenir ses activités ».
Les routiers européens se mobilisent pour le temps de travail. Répondant à l’appel de la Fédération des syndicats de transports (FST) et de l’International Transport Fédération (FST) les routiers européens se sont mobilisés, le 8 septembre, aux frontières intérieures manifestant ainsi la solidarité existant entre les fédérations des différents pays. Cette manifestation, selon les responsables, avait pour but de montrer les capacités de mobilisation des routiers et de contribuer ainsi à faire avancer les négociations entamées entre partenaires sociaux depuis plusieurs mois déjà. L’objectif essentiel de ces négociation est la recherche d’un accord sur l’harmonisation et la diminution du temps de travail. Ce travail d’harmonisation n’est pas une mince affaire tant les disparités sont grandes sur la définition du temps de travail et surtout sur sa durée. Le problème est surtout posé par les routiers de l’europe du sud où subsistent beaucoup d’artisans considérés comme chefs d’entreprise et pouvant travailler de longues heures. Un comité paritaire est prévu le 18 septembre pour discuter du projet. Le texte établit une définition du temps de travail commune pour l’Union européenne qui comprend : les temps passé à conduire, à charger et décharger,à nettoyer le véhicule et procéder aux contrôles de sa sécurité ainsi que celle de son chargement, à la maintenance et au travail administratif relatif au transport de marchandises ou des passagers. En ce qui concerne la durée du travail, la moyenne hebdomadaire ne devra pas dépasser 48 heures, elle pourra cependant atteindre 60 heures à condition que la limite de 48 heures ne soit pas dépassée sur une période de 4 mois. Si un accord n’intervenait pas le 18 septembre la Commission européenne a déjà anoncé qu’elle présentera ses propres propositions.
Vers une future agence européenne de l’Armement. L’Allemagne, la France, l’Italie et la Grande Bretagne ont juridiquement institué l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR). Il s’agit de la première stucture multinationale européenne pour l’armement. Fondée en 1996 par les quatre principaux producteurs d’armement européens, cette structure a vocation à s’étendre aux autres pays européens tels les Pay-Bas et la Belgique. Elle permettra de gérer en coopération un nombre important de programmes d’armement. Le traité signé le 9 septembre, en donnant une reconnaissance juridique à l‘OCCAR devrait favoriser son développement.
Les élections européennes toujours d’actualité. Selon un premier sondage Ifop-Vsd, réalisé les 4 et 5 septembre, une liste PS conduite par François Hollande obtiendrait 28% des voix contre 25% des suffrages à une liste Alliance menée par Philppe Séguin. Une liste FN animée par J.M. Le Pen recueillerait quant à elle 15% tandis que Charles Pasqua et Philippe de Villiers, ensemble réunis, obtiendraient 8%. Les Verts de Cohn Bendit et les communistes de Robert Hue seraient selon le sondage à égalité avec 7%. Réunis à Lorient le week-end dernier, les membres du club Témoin ont repris à leur compte l’appel, lancé il y a quelques mois, par leur ami Jacques Delors pour « politiser l’Europe ». Ils proposent l’élection du président de la Commission européenne par les députés européens afin que celui-ci ait clairement une couleur politique.
L’euro s’affirme comme un véritable paratonnerre pour les onze pays de l’Euroland C’est ce que constatent les principales autorités économiques et monétaires européennes. Pour elles la décision de mise en place prochaine de la monnaie unique atténue les conséquences des crises russe et asiatique sur nos propres économies. La prudence les pousse quand même à préciser que l’Euroland ne constitue toutefois pas une forteresse totalement inexpugnable. Selon le président de la Commision européenne en déplacement à Lisbonne « La zone euro a démontré sa force » et les implications de la crise russe sur l’Union économique et monétaire (UEM) sont « marginales ». Dans « un point de vue » intitulé : « L’enjeu européen des élections allemandes » publié dans le Monde du 5 septembre, Valéry Giscard d’Estaing tire plusieurs enseignements de la crise russe dont celui que « Si les monnaies européennes avaient continué d’exister en ordre dispersé, les évènements financiers russes auraient déclenché une crise de change entre les monnaies européennes, selon leur degré d’implication dans le financement des investissements en Russie. Nous serions aujourd’hui en pleine tempête monétaire. Cela confirme la justesse de l’initiative, prise en 1978, de créer une monnaie unique européenne. Dans un article du Figaro économique en date du 2 septembre, Muriel Motte constate par ailleurs, chiffres à l’appui, que les marchés européens se sont émancipés de Wall Street alors qu’il y a encore quelques années ils avaient « l’habitude d’amplifier considérablement les accès de faiblesse de Wall Street ». Pour Muriel Motte cette « relative déconnexion ....joue dans les deux sens. Moins secouée dans la descente, l’Europe a aussi été nettement plus énergique dans la montée ». La zone euro, zone d’échange commerciale reposant sur une grande stabilité monétaire et comparable dans sa dimension au marché intérieur des Etats-Unis, s’affirme de plus en plus comme un bloc économique sur lequel il faudra compter.
Les pays nordiques touchés par la foudre russe Les marchés nordiques sont en effet fortement perturbés par la crise russe mais aussi par la chute du cours des matières premières. La Norvège a été la première touchée avec un affaiblissement continu de sa monnaie, la couronne norvégienne. Le doute et la déprime s’instaurent dans ce pays réfractaire à l’Union européenne à tel point que son premier ministre affecté par la chute des cours du pétrole a été placé en « congé maladie ». Persuadés d’avoir fait le bon choix en restant en dehors de l’Union et de l’euro, les norvégiens s’interrogent maintenant sur la valeur de ce choix. En attendant des jours meilleurs, un plan de rigueur est déjà annoncé avec des hausses d’impôts et une réduction des dépenses publiques. Les voisins nordiques que sont le Danemark et la Suède, qui n’ont pas voulu, non plus, adhérer pour le moment à l’euro sont également inquiétés par la crise russe et la chute des matières premières. Leurs devises se trouvent aussi affaiblies et les investisseurs n’hésitent pas à s’en défaire pour se replacer sur des devises européennes jugées plus sûres.
Les Quinze divisés sur la crise russe Face à cette crise, dès la fin du mois d’août, le commissaire européen en charge des affaires monétaires et financières, Yves Thibault de Silguy, en accord avec le président Jacques Santer, avait proposé la tenue d’une réunion informelle des ministres des finances, des Onze ou des Quinze, pour discuter de cette crise. Pour le commissaire : « L’euro ne doit pas seulement nous offrir un bouclier protecteur, il doit être aussi l’occasion pour l’Europe de manifester sa présence et son identité sur la scène internationale ». Hélas ce fut encore un coup d’épée dans l’eau ! Malgré le soutien de l’Espagne et des petits pays membres cette réunion n’a pu se concrétiser en raison de l’opposition de l’Allemagne. Celle-ci avançait l’argument d’une interprétation favorable par Moscou d’une telle réunion comme étant le signe d’un nouvel effort financier possible de la part des européens ....ce qui était totalement exclu. Face à l’échec des « politiques », la Commission européenne a fait connaître sa propre analyse. Pour elle l’incidence de la crise russe doit demeurer marginale sur les économies des quinze. Cette crise est essentiellement due, selon Bruxelles, à « l’inaptitude persistante des autorités russes à proposer des réformes stucturelles de fond ». La Commission insiste sur l’installation rapide d’un gouvernement qui aurait l’appui de la Douma et sur la mise en place des réformes indispensables. Elle préconise enfin un meilleur ciblage des programmes européens d’aide et d’assistance et une coordination à quinze plus efficace.
Quelles têtes de liste pour les européennes ? On sait déjà que Daniel Cohn-Bendit conduira la liste des Verts dans l’espoir d’amener ce parti au deuxième rang des composantes de la gauche plurielle. Devant le manque d’enthousiasme des autres ténors du parti socialiste à prendre la tête de liste, la popularité de Jack Lang semble, pour un certain nombre de socialistes, le désigner comme leur meilleur candidat. Ce n’est semble-t-il pas l’avis de Claude Allègre, qui au cours d’un entretien accordé au Monde le 2 septembre, propose Jacques Delors pour trois raisons : « C’est lui qui a grandement inspiré notre pensée...sur l’Europe ... Ensuite, il a été un grand président de la Commission ....Enfin, s’il est candidat Jacques Delors, qui est un homme de rigueur, imposera un grand débat sur l’Europe ». On rappellera à cette occasion que le 19 mai dernier Jacques Delors présentait une proposition originalede la fondation Notre Europe qu’il dirige. Cette proposition, destinée aux partis politiques, visait à faire du choix du futur président de la Commission de Bruxelles un enjeu des prochaines élections européennes. Elle suggère que les principales familles politiques européennes choisissent un candidat commun et fasse campagne pour lui. Le gagnant serait ainsi « démocratiquement » fondé à postuler à la présidence dont la désignation reste toutefois, précise Jacque Delors, entre les mains du Conseil européen. Enfin, dernière proposition en date, le porte-parole du RPR, François Fillon, a estimé que Philippe Séguin est la personnalité la plus crédible pour conduire une liste de l’opposition aux élections européennes de 1999. Il a ainsi déclaré le 1er septembre sur LCI que : « Si on veut bien mettre de côté les positions des fédéralistes qui devraient nous faire sourire tellement elles sont du domaine de l’utopie et écarter celles des nationalistes impénitents qui décrivent un monde qui n’a plus rien à voir avec celui dans lequel nous vivons, je suis persuadé qu’il y a possibilité de mener une liste unique représentant l’ensemble des formations politiques qui composent l’Alliance ». (à suivre...)
Inflation européenne en baisse en juilletSelon Eurostat, le taux d’inflation des quinze Etats de l’Union européenne s’affiche, en baisse, à 1,5% en juillet tandis que celui des onze de l’Euroland reste stable à 1,4 %. Les taux les plus élevés ont été enregistrés en Grèce avec 4,8% et au Portugal ( 2,8%) tandis que les taux les plus faibles ont été relevés en Autriche et en France (0,8%) et en Allemagne (0,9%).